La revue des médias - Nicolas Vandenschrick

La revue des médias - Nicolas Vandenschrick
La revue des médias - Nicolas Vandenschrick - © RTBF

Ce matin, la presse déjà se pose cette question : à qui le tour ? Qui sera le suivant ? Après Caterpillar, après Douwe Egberts, après Axa, Après ING, à qui le tour ? Qui sera le suivant?

Dans le bancaire, on l'a lu. "Il fallait réparer le toit même si le soleil brille." C'est le patron néerlandais du groupe qui le dit. Qui le répète ce matin à la une du Nieuwsblad. Formule de simple bon sens. Pas besoin d'attendre les dégâts pour changer les tuiles.Sinon qu'ici, le personnel d'ING doit avoir le sentiment qu'avec les tuiles, ils enchaînent les dégâts. Mais la phrase est riche... C'est donc bien que le soleil bancaire brille sur ING!

Le SOIR le souligne. La banque Orange ne va pas si mal que cela... La Banque Orange ne va mal du tout. On l'a entendu sur cette antenne. Le SOIR l'écrit ce matin. En 10 ans, ING-Belgique a fait remonter 7 milliards aux Pays Bas. 1 milliard d'euro rien que l'an dernier... (Pas vraiment une structure pantelante poussé dans le dos par ses créanciers..! ) Plutôt l'inverse, même constate le Standaard.

ING est parvenu à se sortir victorieux de la crise de 2008. ING fixe les tendances sur le marché. Bien sûr la régulation du secteur est dure. mais notons que ces règles, ce sont les banques - ELLES-Même - qui les ont provoqués avec leur comportement... Alors économiser pourquoi ? se demande le SOIR... Sinon pour nourrir cet appétit qui semble aujourd'hui sans limite. L'appétit d'actionnaires qui se considèrent en droit d'exiger n'importe quel rentabilité...

Hééé, répond l’Écho. la cupidité ne ronge pas TOUTES les âmes. Il est des actionnaires qui ne se réjouissent pas des bains de sang sociaux... Bien sûr ! Mais en pied de cet édito de l’Écho, l'agence Bloomberg l'explique. "En bourse, Les suppressions d'emplois sont de bonne nouvelle. Et les banques - à l'image d'ING - qui ont un plan numérique s'assureront un avantage concurrentielle..."
Tous les actionnaires n'ont pas soif de sang social. Mais les bourses elle, rêvent de numérique ! Car c'est bien cela l'enjeu.

Dans le Volkskrant - à Amsterdam, un professeur d'économie le dit... "Mes enfants - 20 ans, 18 ans et 16 ans ne sont encore jamais entré dans une agence bancaire !" Un journaliste de la Dernière Heure vous l'explique ce matin. Le paiement par selfie débarque chez nous. Bien plus sécurisé, le biométrique... Sacrément plus pratique qu'un code qu'on oublie ! Vraiment?

Le Volkskrant - encore lui - compare pourtant la situation au nord et au sud de l’Escaut. Là bas, pays bas. 251 agences en tout.
Ici, Belgie. 1.245. Oui. mais là bas, pays bas, 96% de paiement se font en ligne. 4 en agence.
Ici, Belgie, 63% on line. 37 en agence...
Sans doute, suivrons nous bientôt nos cousins du nord, mais n'est-ce pas comme l'écrivent plusieurs éditorialistes dont celui du SOIR, n'est-ce pas les banquiers EUX-même qui ont poussé les clients hors de leur agence.
Qui finalement donne le tempo, demande l'Avenir?
Qui décide la mesure dans cette lutte interminable? cette concurrence insatiable.
Qui, sinon la logique économique du profit maximal?
Être le plus fort, toujours plus fort pour décider qui sera le suivant.
Être plus fort pour dominer les autres. Et au bout du compte
Se retrouver - conclut l'avenir - à la fois acteur, responsable et victime !


L'exemple illustré par le Standaard

Désormais, les employés qui devront quitter ING vont devoir mener un rude combat pour trouver un nouveau job. Tous ne vont arriver d'un coup sur le marché de l'emploi. La plupart dispose d'un bon niveau de formation. (universitaire ou supérieur)
Tous n'habitent pas la même ville. Oui, mais le Standaard s'est renseigné...
En Flandre, ce genre de profil administratif, il y en a 53.000
Et puis, tiens, il y a la petite question du début...
Après ING, à qui le tour.
Qui sera le suivant?
Quel autre banque va embrayer?
Et ajouter sur ce marché de l'emploi encore et encore des profils -
Non, pas tous en même temps,
Oui d'universitaire.
Non pas tous dans la même ville...
Mais tous en plus, à la recherche simplement d'un emploi, pour payer leur facture.
Que ce soit en ligne ou pas.
Alors, ce matin, L’Écho ce matin l'admet.
Dans un moment de l'Histoire où la conscience collective s'évanouit, rééquilibrer travail et capital n'apparaît pas comme un caprice anachronique de communiste névrosé.

Nicolas Vandenschrick

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