La revue des médias - Damien Roulette

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La presse française a été prise de cours hier soir par l'annonce de Françoise Hollande...

Avant de passer à l'analyse du quinquennat de François Hollande, le journal Le Soir fait ce bref constat dans son éditorial : l'allocution de François Hollande marque un nouvel échec de la presse, toute aveuglée par la certitude de sa candidature. Un nouvel échec donc... Un échec qui s'explique par un monde de plus en plus insaisissable comme le résume ce matin Bart Sturtewagen dans le Standaard : "notre époque est passionnante mais désormais... Seule l'incertitude est certaine"...

La décision de François Hollande est aussi le signe d'un changement qui balaie l'Europe poursuit Le Soir. Un changement à tout prix qui rejette le modèle en place quel qu'il soit. Seule Angela Merkel représente une certaine stabilité dans un monde en mutation...

Après ce constat, place à l'analyse

Les adjectifs pour qualifier le quinquennat de François Hollande pleuvent : une anomalie, cinq années d'incompréhension, un mandat atypique...

Libération lui accorde l'élégance du geste. L'élégance de celui qui a compris que sa candidature handicaperait la gauche, qu'elle jetterait le pays dans un affrontement délétère.

Le Figaro s'oppose totalement à cette analyse, évoquant la navrante tentative d’auto-justification prononcée d'une voix blanche, d'un homme absent de lui-même. C'est le triste épilogue d'un quinquennat nul et non avenu. Les mots du Figaro sont durs : "François Hollande quitte la scène comme il l'a occupée : la cravate de travers, flottant dans des habits trop grands"...

La conclusion du journal de droite est sans équivoque : "La France a déjà tourné la page. Elle sait bien qu'hier soir François Hollande n'a pas renoncé à briguer un second mandat. En vérité, il n'a jamais été président".

Le Monde semble vouloir faire la synthèse : "cette décision est l'aveu d'un terrible échec, la marque d'une certaine lucidité et un saut dans l'inconnu"... "Ce saut dans l'inconnu vaut surtout pour la gauche" renchérit le soir... Le chantier est tellement grand qu'il en donne le vertige...

Un vertige que pourrait bientôt connaître Matteo Renzi, le Premier ministre italien

En Italie, la pièce n'est pas jouée... Dimanche le référendum sur la réforme de la constitution tiendra la botte en haleine et l'Europe aussi... De Standaard livre un reportage réalisé à Rome, à la rencontre de citoyens exaspérés face à une Italie qui n'a finalement pas beaucoup changé... Il faut lire ce coiffeur qui veut donner sa chance au mouvement cinq étoiles de Beppe Grillo. Son salon n'est plus aussi rempli qu'avant et ses clients se content d'une coupe simple.

Le Soir ne tarit pas d'éloges quant à la réforme de l'enseignement en Belgique francophone

Le fameux Pacte d'excellence... Mutatis mutandis serait-on tenté de dire... Mutatis mutandis mais mariné de succès.

"Le brainstorming auquel on assiste depuis deux ans est juste exceptionnel" écrit Eric Burgraff. Exceptionnel parce qu'il a impliqué des centaines d'acteurs du système éducatif et que le politique a su leur faire confiance.

Exceptionnel parce que c'est une révolution des mentalités qui permet à la Belgique francophone de regarder l'avenir en face : "de choisir l'excellence plutôt que l'élitisme mais il reste une bataille essentielle" souligne Le Soir, celle des volontés de changement contre les forces d'inertie...

L'excellence pour les élèves doit-elle être de mise pour nos représentants politiques ? C'est en quelque sorte la question qui sous-tend l'éditorial de La Libre Belgique ce matin. Nos élus peuvent-ils continuer de combiner mandat politique et activité professionnelle? faudra-t-il légiférer pour les y obliger ? Peut-être oui. Compter indéfiniment sur le bon sens et l'autorégulation de la classe politique, c'est prendre un risque et peut-être faire preuve de naïveté...

Damien Roulette

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