La Presque Star : Touche pas à ma pote, une application belge contre le harcèlement de rue

Le projet est né d’une collaboration entre l'ASBL "Touche pas à ma pote" et la secrétaire d'Etat bruxelloise à l'Egalité des chances Bianca Debaets (CD&V). Lancée ce mardi, il s’agit de la première application belge destinée à combattre le harcèlement en rue.

Pas touche !

"Touche pas à ma pote" ( TPAMP) fut tout d’abord une campagne contre le harcèlement de rue et le sexisme au quotidien. Lancée par le magazine ELLE Belgique en 2012, elle est devenue entretemps une entité indépendante sous la forme d’une ASBL bruxelloise.

La mission est de ne pas laisser les femmes seules face à cette forme de violence que représentent le harcèlement de rue et les attitudes sexistes en général. C’est pourquoi TPAMP prône la mise en place de campagnes de sensibilisation (ou le fait elle-même !), d’éducation, des sanctions et une loi contre le sexisme.

L’emprunt de la petite main jaune à une campagne antiraciste des années 80 n’est pas fortuit. Il positionne d’emblée la campagne : tolérance zéro contre le racisme, tolérance zéro contre le sexisme, c’est le même combat.

L’ASBL est nationale avec, en néerlandais, le slogan " Handen af ! Stop seksisme. ".

Des chiffres effrayants

Une récente étude de l'université de Gand établit un constat alarmant.

  • 86% des femmes ont été victimes au moins une fois d'intimidation sexuelle.
  • 34% d'entre elles en souffrent encore aujourd'hui.
  • 22% ne racontent pas les événements les plus graves.

Seuls 3,6% vont jusqu'à porter plainte, a expliqué Bianca Debaets lors de la présentation du projet à l'Institut des Hautes Etudes des Communications Sociales (IHECS) à Bruxelles.

Permettre la mobilisation

L'objectif de l'application "Touche pas à ma pote" est d'aider les femmes à signaler l'intimidation sexuelle et permettre de mobiliser les passants.

"Il y a trop peu de respect pour les femmes dans les espaces publics", affirme la secrétaire d'Etat.

"Se faire insulter ou agresser en rue a des effets négatifs durables. Nous ne pouvons pas accepter cela. J'appelle les bruxellois à s'engager."

La police a également accès aux données diffusées via l'application. Elle pourra à terme adapter ses patrouilles. Précisons également que cette application est totalement anonyme, les utilisateurs peuvent toutefois indiquer leur adresse mail s'ils le souhaitent.

Inspirée d'une app française

L'outil est inspiré d'une application française, "Handsaway", fondée par la Parisienne engagée Alma Guirao et dont un tiers des utilisateurs sont des hommes. "Ce n'est pas une solution miracle, mais cela renforce deux aspects importants. Vous voyez mieux ce qui se passe vraiment et où, à la place d'uniquement voir le sommet de l'iceberg", conclut Mme Debaets.

"Touche Pas A Ma Pote by Handsaway" est désormais disponible sur Google Play, et dès le 9 mars sur l'Apple Store.

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