La pop-culture, mainstream et engagée à la fois

La pop-culture, mainstream et engagée à la fois
La pop-culture, mainstream et engagée à la fois - © Tous droits réservés

On situe souvent la naissance du mouvement pop-culture dans les années 80, notamment à cause des Beatles, or la pop-culture est née il y a plus d’un siècle dans les années 20 et n’en finit pas de faire parler d’elle. " Pop Corner ", aux Editions Points, de Hubert Artus raconte le déferlement mondial de la pop et dresse un panorama de ses déclinaisons. 

D’où vient le mot pop ?

On croit souvent à tort que le mot pop viendrait du mot français populaire or il vient en fait du mot " popular "en anglais. Pour l’auteur, popular signifie ce qui vient de la rue, dans le sens autodidacte du terme et c’est pour lui ce qui définit le mieux la pop-culture. " A l’époque la pop est là pour s’opposer aux académies, aux élites, aux universités, à ce que l’on considérait comme noble. " La pop-culture ne signifie donc pas nécessairement populaire dans le sens qu’elle plait à tout le monde mais par sa dimension "popular" ce qui vient du peuple et qui " pop-up ", surgit de la rue.

Le mot « pop »: utilisé à toutes les sauces ?

Le mot signifie à notre époque un peu tout et rien et est devenu un mot très galvaudé. Le mot pop s’applique à tant de domaines, qu’on peut parfois penser qu’il en perd son sens originelle.

Hubert Artus rappelle qu’à l’origine la pop-culture vient d’abord des Etats-Unis avec les comic strips, et des super-héros comme Superman. La pop-culture désigne selon lui un genre et une culture qui ne peut pas être validé par des élites, elle est donc par définition large et variée. " Il y a une sorte d’ADN très " sympa ", un retour en enfance qui nous permet d’y replonger facilement, c’est ce qui explique que des œuvres pop qui datent fonctionnent encore maintenant. "

La pop-culture est donc effectivement un terme qui touche des domaines très variés et a une signification assez large. Son côté galvaudé qui peut donc apparaître comme une faiblesse est en fait une de ses principales forces.

L’ambivalence de la pop-culture

La pop-culture continue aujourd’hui d’exister et est incarnée par des acteurs et des styles de plus en plus hétéroclites. On peut citer par exemple Katy Perry, Lady Gaga, Amy Winehouse mais leur style peut-il vraiment être associé à la même culture que les Beatles ou Andy Warhol ? Pour Hubert Artus, la réponse est oui.

La pop-culture joue effectivement sur deux tableaux et a traversé les époques et les crises en s’y adaptant à chaque fois. " La pop existe depuis un siècle, elle s’est adaptée à la crise 1929, à la guerre froide, à l’ultra-libéralisme. " C’est là que ses ennemis puisent majoritairement leurs critiques en la qualifiant d’invertébrée, pro-capitaliste, soluble avec le marché, de mainstream. Hubert Artus reconnaît sans complexe cette ambivalence. " Il existe en effet un côté très mainstream dans la pop avec les grands labels de musiques, les grands canaux de distribution mais la pop-culture est un balancier. Elle s’incarne dans tout, que ce soit dans le positif comme dans le négatif car l’essence même de la pop c’est qu’elle vient du peuple et de là elle peut s’adapter à tout. "

La pop-culture peut donc être rattachée à une image contestataire et novatrice qui défend des grands principes féministes, anti-fachiste tout comme à une image plus libérale car ce mouvement a la spécificité de s’être adapté aux époques et aux évènements et surtout parce qu’il se veut ouvert, indépendant et venant du " peuple ".

Découvrez en plus sur la pop-culture avec Hubert Artus dans Tendances Première

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