La nécessité de s'affranchir de l'idéalisation de la liberté

"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits et tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne."
"Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits et tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne." - © Tous droits réservés

Selon la Déclaration universelle des droits de l’homme : "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits et tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne." Mais être libre c’est aussi s’affranchir des chaines qui nous attachent à notre passé, à nos conditionnement, à nos habitudes… Autant d’éléments qui nous déterminent inconsciemment.

La liberté nous dit le Larousse, est l’état de quelqu'un qui n'est soumis à aucun maître. C’est la situation d’une personne qui se détermine en dehors de toute pression extérieure ou de tout préjugé. Mais la liberté, c’est surtout la possibilité d'agir selon ses propres choix, sans avoir à en référer à une autorité quelconque. Agir de manière libre suppose donc non seulement d’avoir une diversité d’options, d’avoir conscience de ces possibilités, mais également d’avoir la possibilité de choisir et d’agir en cohérence avec ces choix.

Réagir ==> Répondre

On pourrait en déduire que la liberté a un prix : celui de cultiver une forme de conscience lucide de toutes ces prisons dans lesquelles nous (nous) sommes enfermés. Et ainsi créer un espace intérieur qui nous permette de passer du mode "réagir" au mode "répondre". 

Une réaction est souvent stéréotypée, donc non adaptée à la singularité d’un contexte toujours nouveau. C’est un comportement automatique déclenché par les circonstances extérieures et nos conditionnements. Une réaction, parce qu’elle est automatique et rigide, est souvent coupée de nos aspirations profondes, de ce qui est vraiment important. A l’inverse, cultiver un espace intérieur, faire une pause et observer la situation nous permet de répondre. Répondre est une action délibérée. Elle peut tenir compte des différentes options possibles, en lien avec nos priorités.

Éviter d’idéaliser la liberté pour ne pas devenir otage de sa propre conception de la liberté

Dans ce contexte, une des libertés les plus fondamentales concerne la connaissance du fonctionnement de notre propre esprit. Il s’agit alors moins de pouvoir contrôler nos pensées que d’être libéré des pensées elles-mêmes. C’est aussi la liberté de ne pas croire automatiquement les productions de notre mental, de reconnaître que nos pensées ne sont que des pensées, nos croyances des croyances, que nous pouvons les remettre en question et que nous ne sommes dès lors pas obligés de les suivre ni de s’y plier.                    

Si l’on néglige de cultiver cet état d’esprit, la liberté risque de se réduire à un slogan creux, jusqu’à parfois même en arriver à devenir otage de sa propre conception de la liberté.

Les conseils d’Ilios

  • S’arrêter régulièrement dans la journée afin de se poser et de cultiver sa capacité de présence.
  • Développer une pratique contemplative comme la méditation, qui permet d’observer et de mieux prendre conscience de ses pensées, de ses émotions, de ses sensations et de ses réactions, afin de cultiver un véritable espace de liberté intérieure. 
  • Cultiver des espaces dans sa vie (séjour, retraite dans la nature, etc.) pour faire régulièrement le point sur ce qui est essentiel à nos yeux.
  • Cultiver un mode de vie basé sur une forme de simplicité volontaire afin de s’affranchir de notre société de surconsommation. 
  • Éviter d’idéaliser la liberté : il s‘agit moins d’une liberté absolue que d’un travail de libération au quotidien.

Ilios Kotsou est Docteur en psychologie et Maitre de Conférences à l'Université Libre de Bruxelles, il analyse chaque semaine un thème fondamental de nos vies quotidiennes. Retrouvez-le sur son blog, sur sa page Facebook et tous les dimanches dans Week-end Première.

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