La nature nous soigne-t-elle ?

La nature nous soigne-t-elle ?
La nature nous soigne-t-elle ? - © Pixabay

Qui ne s’est pas senti reboosté, heureux et remotivé après une balade en forêt ? Simple sensation ou réelle 'vérité', prouvée par des recherches scientifiques ? Quels sont les bienfaits de la nature sur nos organismes ? Pascale d’Erm a cherché des réponses auprès des scientifiques, qu’elle publie dans Natura, pourquoi la nature nous soigne et nous rend plus heureux, aux Editions Les liens qui libèrent.

Désormais, les scientifiques considèrent qu’il existe suffisamment de preuves pour dire qu’une immersion, même brève, dans des environnements naturels, a un impact positif sur tous les critères de santé.

La fréquentation de la nature va entre autres renforcer notre immunité, nous aider à lutter contre le stress ou les états dépressifs, réduire l’hyperactivité des enfants. On ne connaît pas encore bien ces résultats parce que c’est une science qui est encore très jeune.

Les premiers à publier sur le sujet ont été les scientifiques japonais, puis diverses études ont suivi… On recense en tout, 350 à 400 études aujourd’hui, après 25 ans de recherches. C’est l’expérience de la nature, le fait d’être corps et âme avec tous ses sens dans la nature qui est sous la loupe de ces recherches.
 

Les bains de nature

L’Etat japonais a suscité une réflexion sur l’anxiété de ses citoyens et en a tiré l’idée qu’il était bénéfique d’être plongé dans la nature, de communier avec elle, via des bains de nature.

Les bains de nature, c’est 3 jours et 2 nuits en forêt, avec un protocole rigoureux, à la japonaise : 2 heures de marche la première journée et 2 x 2 heures la seconde journée.

Avec comme résultats concrets :

  • le renforcement de l’immunité naturelle. Les cellules protectrices qui protègent des cancers et des infections sont multipliées de 52 à 55%. Les molécules phytoncides, émises par les arbres pour se défendre contre les bactéries et les champignons qui les agressent, pénètrent dans nos cellules et renforcent nos propres mécanismes de protection. Certaines saisons sont plus propices à l’émission de ces phytoncides, comme l’été, au moment où les arbres sont plus attaqués par les bactéries et les insectes.
  • un effet contre le stress. Le fait d’être 40 minutes assis ou débout dans la forêt, en respirant calmement, en la percevant par tous ses sens, en la touchant,… régule tangiblement la circulation du sang dans le cortex frontal, les battements du coeur, le cortisol. Les effets sont encore plus marqués quand on marche lentement.


La nature anti-stress

Il y a aujourd’hui une prise de conscience que les maladies dites de civilisation – diabète de type 2, dépression, hyperactivité, AVC, stress - peuvent être soulagées par la nature. Les gens font d’ailleurs souvent spontanément la démarche d’aller marcher en forêt.

Le fait d’aller marcher dans un parc pendant 40 minutes fait baisser le stress de 45%, dans une société où les troubles anxieux sont en augmentation de 40 à 50%, dans toutes les grandes villes du monde.

Beaucoup de gens se sentent coupés de cette nature mais il n’est pourtant pas nécessaire d’aller bien loin pour en bénéficier, gratuitement. Le fait de vivre dans une ville où il y a des espaces verts active moins vite l’amygdale, le centre d’anxiété du corps.

Il faut bien sûr une immersion beaucoup plus longue et complète, comme les bains de forêt, pour une action sur l’immunité naturelle.


La nature virtuelle

Qu’entend-on par nature virtuelle ? Et quelle est son action ?

Il existe des applications de nature virtuelle, qui aident à la compréhension des plantes, des étoiles… et c’est plutôt positif puisque nous n’avons plus les savoirs de nos grands-parents pour connaître cette nature.

Cela peut être aussi de fausses odeurs d’arbres, des sons reproduits, des écrans avec des images de nature, censés nous donner une impression de nature. Certaines études ont comparé les effets sur notre cerveau d’un écran représentant la nature par rapport à un écran blanc. On constate en effet un effet relaxant, régénérant, restaurateur de notre agilité, de notre mémoire… mais cela n’a rien à voir avec les bienfaits d’une vraie fenêtre sur la nature.


La nature et l’hyperactivité des enfants

Les chercheurs ont montré que, pour des enfants atteints d’hyperactivité, le fait d’aller jouer dans la nature plutôt que d’aller jouer en salle a des effets plus forts que leurs médicaments.

La nature donne à ces enfants, qui ont du mal à se concentrer, la possibilité de restaurer l’attention dirigée qui les protège contre les milliers de sollicitations empêchant la concentration. Le fait d’aller jouer dans la nature muscle donc cette capacité à se concentrer et à ne pas laisser leur intelligence s’égarer dans le désordre.

La rupture du lien avec la nature est en corrélation étroite avec les maladies qui touchent les enfants, qui ont perdu 90% de leur rayon d’action par rapport aux générations précédentes : ils ne vont plus à l’école à pied, ils ne jouent plus dans la nature…

Le scientifique Eric Lambin, à Louvain-la-Neuve et à Stanford, alerte lui aussi sur la nécessité, pour les pouvoirs publics, d’investir dans le rétablissement de la connexion des gens avec la nature.

Le film documentaire de Pascale d’Erm, Natura, commence une tournée citoyenne et sera en Belgique en septembre 2019.

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