"La mort répond à la vie, elle correspond à la vie qu'on a menée" - Jean-Luc Outers

'Le dernier jour' de Jean-Luc Outers
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'Le dernier jour' de Jean-Luc Outers - © Tous droits réservés

Ils ont tous en commun d'être artistes, d'être morts, d'être belges. Jean-Luc Outers, dans son dernier livre, aborde 'Le dernier jour' de ceux qui l’ont marqué : quatre écrivains, une cinéaste.

"Car il y a des morts qui nous donnent la vie sans être nos parents, et c'est une bonne nouvelle".

A travers un hommage polyphonique à Henri Michaux (le seul qu’il n’ait pas connu personnellement mais qui lui a permis d’écrire), Dominique Rolin, Hugo Claus, Simon Leys et Chantal Akerman, il nous donne un de ses textes les plus émouvants, drôle et réconciliateur. 

Il imagine l’instant du passage et suppose à travers ce texte qu’il y a une analogie entre la manière dont la vie est vécue et la mort qui nous advient.
 

Car il n’y a pas de mort s’il y a transmission
et à travers ces figures tutélaires, c’est ce que Jean-Luc Outers insinue.

 

'Le dernier jour' est publié chez Gallimard, dans la collection L’infini.

Une réalisation en deux parties, par Pascale Tison - Par Ouï-dire

Avec des archives de la Sonuma

1e partie - Simon Leys, Henri Michaux

"J'avais l'impression d'avoir une dette envers Henri Michaux car c'est lui vraiment qui m'a éveillé à la littérature quand j'étais à l'école. Parce que pour moi auparavant, la littérature était quelque chose de sérieux, rébarbatif. Michaux m'a apporté cette idée que la littérature pouvait être inventive, on pouvait créer des mots, bousculer des phrases. La littérature pouvait nous faire voyager, rêver, constituer ce qu'il appelait "le lointain intérieur"..."

"Faire oeuvre d'art, c'est dire non, me semble-t-il, parce que c'est un retrait par rapport au monde, un regard qu'on porte sur lui, un point de vue. Puis il y a l'écriture qui fait qu'on transforme toute cette matière réelle en fiction. C'est le propre du travail de l'artiste et certains ont été extrêmement loin dans cette démarche, Michaux par exemple."

"Simon Leys a été pour moi quelqu'un qui a lutté contre l'aveuglement, c'est quelqu'un qui m'a ouvert les yeux."

Jean-Luc Outers

2e partie - Dominique Rolin, Hugo Claus, Chantal Akerman

"Avec Dominique Rolin, on avait une relation très proche, difficilement définissable, parce qu'on parlait surtout de notre vie, du quotidien, plus que de la littérature ou de l'art. On riait beaucoup, j'ai toujours pensé qu'elle me faisait du bien, c'est ainsi qu'on peut définir l'amitié, l'ami qui vous fait du bien. (...) Quand je la voyais, Sollers était toujours présent. Il téléphonait à tout instant. Elle disait "C'est lui !" (...) Plus tard, il m'a raconté ses derniers moments."

"J'ai été complètement fasciné par la mise en scène de l'enterrement d'Hugo Claus. On avait reçu un carton d'invitation comme pour aller à l'opéra. Et d'ailleurs son enterrement se passait à l'opéra d'Anvers, on recevait un programme comme si on allait au spectacle, il y avait un murmure dans la salle... et tout à coup arrivaient sur la scène six personnes portant le cercueil d'Hugo Claus..."

"Ce qui est très caractéristique chez Chantal Akerman, c'est le rapport au temps. Elle a réussi à inscrire le temps, la durée, dans ses films."

Jean-Luc Outers

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Et en complément, des archives SONUMA mises en ondes par Par Ouï-dire

Chantal Akerman

Un montage subtil où Chantal Akerman dialogue avec elle-même à quelques années de distance ; en 1978, elle est en compagnie de Michèle Cédric pour Les rendez-vous d’Anna ; en 2004, elle est aux côtés de Laurent Dehossay pour Demain, on déménage.

L’occasion de parler des voix des femmes, de sa fascination pour une famille d’acteurs et de son rapport à la fois tendre et compliqué avec les comédiens ; de New York, de sa mère dans ses films et dans sa vie comme figure centrale et comme source d’amour.

Si cet amour-là a été possible une première fois, alors l’amour peut peut-être exister à nouveau…

Une rencontre pleine d’’humanité pour une femme essentielle à notre cinéma.

Une réalisation de Fanny Lacrosse.

Dominique Rolin, l'infini chez soi

Un dialogue dans la forêt de Soignes, ou à la brasserie Lipp à Paris, entre Jean-Luc Outers, Dominique Rolin et Jacques De Decker.

Retour sur la vie et l’écriture de Dominique Rolin qui nous quittait en mai 2012, il y a 5 ans. Elle évoque la Belgique qu’elle appelait pays natal ou l’autre pays. Jamais de nostalgie chez celle qui avait le culte de la solitude. Pour elle, le passé n’existait pas mais la Belgique et particulièrement la mer du Nord et la forêt de Soignes étaient devenus ses lieux imaginaires de prédilection. 

Nous sommes en 92 et Dominique Rolin vient de publier Deux femmes, un soir.

Hugo Claus, le lion des Flandres

A l'occasion de la sortie dans les salles de son film DE LEEUW VAN VLAANDEREN, présenté peu auparavant au Festival de Film de Bruxelles, Michèle Cédric recevait Hugo Claus en 1985. Il était le réalisateur, dialoguiste et scénariste du film autour de ce plus grand roman populaire flamand, écrit par Henry Conscience. Il  ne pensait pas à l’époque que ce film puisse ranimer l’antagonisme entre Flamands et Wallons. Selon lui, le poète ne doit pas s’occuper de cela de toute façon.

A 14 ans, il a quitté ses parents et effectué divers petits métiers dont celui de gigolo… Mais il souhaitait être peintre, il a d’ailleurs exposé avec Cobra. Puis il a choisi d’être écrivain et a vite rencontré le succès. Hugo Claus était surtout un aventurier des lettres et de la vie.

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