La jeunesse d'aujourd'hui est-elle engagée?

L'engagement chez les jeunes
L'engagement chez les jeunes - © vasiliki - Getty Images

La jeunesse qui bouge, tumultueuse, revendicatrice, ce n'est pas nouveau. On fait le point sur l'engagement des jeunes avec Laurent Deutsch, responsable activisme et éducation aux droits humains chez Amnesty International Belgique Francophone ; Martine Clerckx, fondatrice et directrice associée de Wide ; et Félix Mailleux, co-fondateur de Kologa, projet permettant à des réfugiés d'intégrer des collocations bruxelloises.

Les jeunes d'aujourd'hui s'engagent plus

C'est à l'occasion du festival Esperanzah!, festival très engagé, que nous nous sommes posé la question de l'engagement des jeunes aujourd'hui. Sont-ils plus ou moins engagés que les générations précédentes? La forme de leur engagement a t'elle changée avec la révolution numérique?

Martine Clerckx de Wide estime que les jeunes d'aujourd'hui sont plus engagés: "On assiste à une forme d'affranchissement des engagements. Ce qui va être déterminant pour un jeune aujourd'hui, c'est l'action individuelle qu'il va porter au sein d'un groupe." Les jeunes sont dans une logique de "moi-nous" explique Martine Clerckx. Il faut qu'ils puissent retrouver quelque chose pour le "moi", le "je". Ça peut être de la réussite, de l'épanouissement, un alignement avec ses propres valeurs. Ensuite, il leur faut quelque chose pour le "nous" qui généralement se situe dans l'envie d'activer un changement positif pour la société. Professeure à l'IHECS, Martine Clerckx a observé un changement dans le comportement de ses étudiants depuis 3-4 ans. Ils reviennent de plus en plus à des valeurs fondamentales: "Leurs intérêts vont de moins en moins vers les marques commerciales. Ils se tournent de plus en plus vers les services publiques, les actions humanitaires environnementales, vers des start-up avec ou sans actions sociétales."

La question de l'indignation est généralement la première étincelle de l'engagement. 

Pour Laurent Deutsch d'Amnesty International, tout démarre par de l'indignation. Une fois l'étape passée, le jeune qui souhaite s'investir rencontre parfois des difficultés pour trouver dans quelle cause il va s'engager explique Laurent Deutsch. "Pour un certain nombre de jeunes, les grandes ONG sont parfois assimilées au "système". Or ils ont justement une volonté d'émancipation  par rapport à ce système-là."

C'est une des raisons pour laquelle l'ONG Amnesty international estime qu'il est très important de travailler en partenariat avec les écoles et de soutenir les enseignants dans ce qui est l'éducation aux valeurs et aux droits humains. Laurent Deutsch explique que les élèves doivent se sentir concernés dès le plus jeune âge: "C'est le fondement de ce qui fera qu'un jour des jeunes vont vouloir s'engager, que ce soit avec ou sans nous." Pour arriver à concerner les jeunes Amnesty International cible les cas qui vont être mis en avant dans les classes: "Nous identifions des individus en danger dans le monde, dont on sait qu'il pourrait y avoir un processus d'identification avec des jeunes. Prenons l'exemple de deux jeunes enfermés parce qu'ils avaient fait un tag sur un mur présidentiel pour dénoncer le manque de liberté d'expression. Pour des cas comme ceux-là, je sais que les jeunes sont prêts à se mobiliser pour leur venir en aide."  

Proposer une solution concrète à un problème existant

Félix Mailleux a fondé il y a quelques mois avec Samuel Halen le projet Kologa. Il expliquait dans Tendances Première les raisons de son engagement: "On voulait proposer une solution concrète à un problème existant dont on entendait parler tous les jours et qu'on ne pouvait pas nier. On ne voulait pas tomber dans le fatalisme. On voulait vraiment proposer une solution alternative, positive, simple mais qui peut avoir un impact global une fois mise à grande échelle."

Kologa permet à des réfugiés d'intégrer des colocations bruxelloises pour faire de la colocation une opportunité de découverte et d'échange interculturels. "On s'est rendus compte que beaucoup de colocations avaient envie de s'engager mais ne savaient pas comment faire et du côté des réfugiés il y avait une envie de s'investir dans notre société."

Pour réécouter le dossier sur l'engagement des jeunes dans la société d'aujourd'hui, réécoutez le podcast ci-dessous.

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