La flexibilité, cette capacité de pouvoir se réinventer et d'accepter l'imprévu

La flexibilité, cette capacité de pouvoir se réinventer et d'accepter l'imprévu
La flexibilité, cette capacité de pouvoir se réinventer et d'accepter l'imprévu - © Tous droits réservés

La flexibilité mentale est une compétence qui nous accompagne au quotidien. Sans elle, nous serions bien plus lent dans nos tâches. Nous resterions bloqués dans certaines situations, et aurions bien du mal à changer notre point de vue.

Ilios Kotsou s’est penché sur la flexibilité, valeur, compétence, faculté tant prônée au travail par notre société actuelle, mais qui a surtout tout son sens dans nos relations les autres .

En effet, lorsque nous cuisinons et que nous passons en moins d’une minute par plus de 5 actions différentes (éplucher, couper, allumer la plaque, verser, mélanger), ou lorsque nous passons d’un mail à l’autre, d’une consigne à l’autre lors d’un exercice, nous faisons preuve de flexibilité mentale. 

 

C’est quoi la flexibilité ?

Il s’agit avant tout d’une fonction exécutive, c’est-à-dire une capacité nous permettant de nous adapter à une situation nouvelle, au même titre que la planification (programmer selon une séquence logique les tâches), l’inhibition (capacité à inhiber une information non pertinente au profit d’une autre), la mémoire de travail (rétention d’une information le temps de son traitement : calcul mental par exemple) et bien d’autres.

Tout cela peut paraître évident, pourtant il s’agit de concepts assez méconnus.  Or, les recherches démontrent que les fonctions exécutives sont plus prédictives de la réussite scolaire que le QI.  Selon Ilios Kotsou, les enseignant(e)s auraient donc tout intérêt à proposer des activités qui permettent leur développement. Apprendre la "flexibilité" dès le plus jeune âge permet à l'enfant et au futur adulte d’adapter son comportement aux exigences de son environnement, mais également d’agir sur celui-ci.

Il s’agit de la capacité à se désengager d’une tâche pour se réorienter vers une autre, c'est aussi une flexibilité mentale qui permet de pouvoir d'occuper son esprit d'une chose à une autre.

Au-delà de l’apprentissage, quelle utilité à la flexibilité ?

Le chercheur George Bonanno s’intéresse aux capacités d’auto-guérison, et a notamment travaillé sur le concept de résilience. Selon lui, nous avons tous et toutes un potentiel de résilience en nous, mais ce potentiel s’exprime plus facilement chez certaines personnes que chez d’autres.

Il y aurait à cela plusieurs éléments explicatifs :

  • l’absence ou la présence des facteurs de risque comme la stabilité économique,
  • l’entourage social, les capacités de gestion émotionnelle,
  • le caractère familier ou non de l’environnement (à l’étranger, l’entourage social n’est pas présent par exemple).

Un autre élément qui joue un rôle essentiel dans la capacité à développer sa résilience, est la flexibilité mentale.

En effet, pour être résilient, il faut savoir développer des stratégies de “coping”, il s’agit de stratégie d’adaptation. Après un choc traumatique, c’est comme une forêt victime d’un incendie, elle repoussera mais la faune et la flore qui s’y développeront seront toutes autres de celles qui s’y trouvaient avant l’incendie.

Avoir de bonnes capacités de flexibilité, c’est-à-dire, pouvoir se remettre en question, changer ses habitudes, son point de vue, développer de nouvelles compétences, soutient la reconstruction post-traumatique. En effet, la flexibilité mentale s’applique également de manière sur notre gestion émotionnelle, le fait de pouvoir se désengager de nos émotions négatives vers d’autres plus positives participe activement à notre rétablissement.

 

Comment apprivoiser cette flexibilité ?

Pour favoriser notre souplesse, notre flexibilité mentale, un bon exercice pourrait être de prendre du recul, et de se poser des questions afin d’être attentif à notre état d’esprit. Par exemple :

 Qu’il y a-t-il de positif dans cette situation en apparence très négative ?

Qu’est-ce que je pourrais changer dans ma manière d’appréhender tel ou tel situation/souvenir ?

Se dire “Tiens et si je changeais de regard sur telle personne, sur tel concept,”

Ilios Kotsou est docteur en psychologie, maître de Conférences à l'Université Libre de Bruxelles et co-fondateur de l’asbl Émergences. Chaque semaine, il analyse un thème fondamental de nos vies quotidiennes. Retrouvez-le sur son blog, sur sa page Facebook et tous les dimanches dans Week-end Première.

Ilios Kotsou, PhD

Maitre de Conférences, Centre de Recherche en psychologie sociale et interculturelle [Center for Social and Cultural Psychology] (CRPSI)

Chercheur associé, Chaire Mindfulness, Bien-être et Paix Economique, Grenoble Ecole de Management

www.ilioskotsou.com

http://www.emergences.org

 

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