La Chambre de commerce et d'industrie France Belgique

Grace à la CCI France Belgique les boutiques de macarons Ladurée à Bruxelles et Anvers.
Grace à la CCI France Belgique les boutiques de macarons Ladurée à Bruxelles et Anvers. - © Tous droits réservés

La Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) France Belgique a fêté mardi soir ses 130 années d'existence. Un âge respectable et pourtant, malgré la crise et la proximité des deux pays, elle n'a jamais été autant sollicitée par les entreprises françaises. Parce que les Français sont de plus en plus nombreux en Belgique?

D'une centaine de membres en 2010, la CCI France Belgique est passée à 260 aujourd'hui, soit autant d'entreprises qui amènent à la chambre un millier de personnes. Il n'y a pas d'effet crise. Au contraire, quand les choses se compliquent l'information, le coup de pouce, le tuyau et surtout le networking, le réseautage sont plus que jamais indispensables. C'est ce que les hommes d'affaires français trouvent à la Chambre de commerce France Belgique. Ainsi que des services concrets. Ils vont des études de marchés à la location de bureaux. Le tout avec une équipe de sept personnes.

Exporter à 20 000 km

Cela dit, on peut quand même se demander pourquoi les Français ont encore besoin d'un tel outil alors que les entreprises hexagonales sont présentes ici depuis longtemps et en grand nombre. Anne-Christine Genouville dirige la CCI France Belgique. Son message a ses compatriotes est clair: vous n'arrivez pas en pays conquis : "La Belgique n’est pas comme la France, c’est un pays à part entière. Il faut considérer que notre volonté d’exporter en Belgique c’est comme une volonté d’exporter à 20 000 km. Ensuite, en termes de hiérarchie, tout est beaucoup plus simple en Belgique. On n’a pas besoin de passer par cinq échelons pour parler au PDG ! Enfin, une difficulté incontournable, c’est le néerlandais. Nous arrivons tous en nous disant qu’avec le français et un anglais à peu près correct, tout ira très bien. Non ! Il y a 60 % de néerlandophones et il faut au moins faire l’effort d’apprendre cette langue".

Voilà pour les petits conseils utiles, mais une question: la croissance des activités de la Chambre de commerce française en Belgique ne tient-elle pas surtout à la très forte augmentation du nombre de Français en Belgique?

Une grande communauté

Ils seraient entre 230 et 250 000, soit la deuxième communauté étrangère après les Italiens. 11 000 ont un statut d'indépendants et un entrepreneur sur dix actif en Belgique serait français. Mais comment ne pas se demander si la croissance du nombre de membre de la chambre de commerce ne s'explique pas avant tout par l'arrivée des évadés fiscaux? La réponse d'Anne-Christine Genouville : "On parle beaucoup des Français qui viennent s’installer en Belgique pour des raisons qui ne sont pas forcément économiques. A la Chambre de commerce, ce ne sont pas ces Français là que l’on croise. Nous rencontrons deux types de population, soit ceux qui ont décidé de venir en Belgique pour développer un business, soit, plus courant encore, un homme ou une femme dont le conjoint ou la compagne est venu travailler. Ces personnes se tournent vers la création d’entreprises".

En tout cas, une chose est sure, les Français amènent du business chez nous. Un exemple goûteux: les boutiques de macarons Ladurée à Bruxelles et Anvers.

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