La bulle de Josef Schovanec : " Ce qui rend les moments communs magiques aux yeux des autistes ce sont les intérêts partagés "

La bulle de Josef Schovanec : " Ce qui rend les moments communs magiques aux yeux des autistes ce sont les intérêts partagés "
La bulle de Josef Schovanec : " Ce qui rend les moments communs magiques aux yeux des autistes ce sont les intérêts partagés " - © Tous droits réservés

Ca y est, le service de rencontres en ligne, pardon de "dating", mis en place par Facebook est opérationnel en Amérique. Et si Facebook s'inspirait des relations autistiques pour créer le coup de foudre ?

 

Bien sûr, on y verra, sans doute avec raison, un énième acteur à se lancer sur la piste juteuse de l’exploitation de la misère affective de l’être humain occidental. Qui plus est venant d’un acteur dont la fiabilité n’est pas la vertu première.

Le plus intéressant, à mon avis, est ailleurs : d’ordinaire, le processus des rencontres en ligne mime en quelque sorte le processus classique des interactions sociales : les couples se forment dans les cercles que chaque personne fréquente habituellement.

Par ailleurs, bien que ce ne soit pas dit explicitement, le succès de chaque personne dépend de divers paramètres tels que l’apparence ou le degré de socialisation.

Facebook se propose de chambouler ce modèle en apparence incontournable : désormais, au lieu de se fonder sur le cercle social et les codes sociaux, le dating s’appuie, du moins en théorie, sur les centres d’intérêt et sur les événements communs, ce qui revient souvent au premier point.

Là où les choses deviennent intéressantes, c’est quand on se demande d’où vient ce concept.

En fait, la socialisation par les centres d’intérêt est l’exacte définition de la socialisation des autistes.

 

Ce qui rend les moments communs magiques aux yeux des autistes, ce n’est ni l’apparence (dont la plupart des autistes n’ont que faire), ni le statut social, mais le centre d’intérêt partagé. En outre, la limitation habituelle de la socialisation autiste, à savoir le fait de ne pas fréquenter (ou peu fréquenter) de cénacles de socialisation, saute.

D’une certaine façon, Facebook tente de sortir de ses dérives business, de se refonder en revenant à ses origines, lorsqu’il s’agissait d’un livre des visages des étudiants qu’un jeune asocial avait créé pour se repérer mieux dans l’université. Est-ce-que cela va marcher, je l’ignore.

De toute façon, je n’ai aucune expertise en matière de sites de rencontre, n’en ayant jamais fréquenté.

En revanche, le fait que notre monde ait besoin de la capacité autistique de réenchantement peut assurément mettre du baume au coeur.

 

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