L'iode, un oligo-élément essentiel pour notre santé

L’iode, qu’est-ce que c’est ? Il s’agit d’un oligo-élément, un micronutriment que l’on trouve à l’origine essentiellement en milieu marin. Il a un rôle très important dans le fonctionnement de la glande thyroïde, cette glande à la base du cou. Plus précisément, l’iode intervient dans les productions des hormones thyroïdiennes, des hormones très importantes puisqu’elles régulent le métabolisme de toutes les cellules du cops et le processus de croissance des organes, en particulier le cerveau dans les premières années de vie. Ces hormones jouent un rôle primordial dans le développement cérébral et donc dans l’acquisition des capacités intellectuelles.

 

Que se passe-t-il lorsqu’il y a une carence en iode ?

 

Des carences sévères en iode pendant la grossesse peuvent provoquer des troubles neurologiques irréversibles chez le bébé. Retard mental, des troubles de l’audition de manière générale, une carence en iode affecte le fonctionnement de la glande thyroïde et le signe le plus visible est l’augmentation de cette glande qui se met à grossir. Elle se développe pour capter le plus d’iode possible. On a alors un goitre, c’est le symptôme le plus visible de l’hypothyroïdie. On prend du poids, on est fatigué, le corps se détériore en fait. La carence en iode peut aussi provoquer l’apparition de nodules parfois cancéreux au niveau de la thyroïde et ces nodules peuvent être à l’origine d’une production anormalement élevée d’hormone thyroïdienne, on parle alors d’hyperthyroïdie.

 

" Crétin des alpes "

 

Cette expression un peu vieillotte et digne du capitaine haddock est liée à la carence en iode. Pendant des siècles, on a été frappé par le fait que les populations qui vivaient dans les zones montagneuses reculées telles que les Alpes et la Suisse avaient un nombre impressionnant de personnes de petite taille avec un goitre et souvent un retard mental : le crétinisme. Un véritable fléau longtemps méconnu, on l’a cru héréditaire mais les traitements étaient à côté de la plaque. En fait, ces populations éloignées de la mer et avec une alimentation très peu variée étaient touchés tout simplement par une carence sévère en iode.

 

Changer la donne

 

En 1811, un chimiste qui essaye de fabriquer du salpêtre pour faire de la poudre à canon se rend compte que de l’acide sulfurique jeté sur des algues produit un gaz violet, c’est l’iode. Ça vient de l'adjectif grec ioeides qui signifie violet. Très vite, un médecin suisse prouve son efficacité dans le traitement des goitres. Pour diminuer de manière drastique les cas de goitre, on va alors ajouter systématiquement de l’iode dans le sel de table et dans l’eau de distribution. Vous l’avez peut-être remarqué sur votre pot de sel, il est peut-être écrit sel iodé encore aujourd’hui. L’organisation mondial de la santé recommande d’en consommer.

 

L’iode se trouve essentiellement en milieu marin. Poissons, crustacés, fruits de mer, algues, salicorne mais même sans habiter au bord de la mer, une alimentation variée et équilibrée permet d’éviter la carence en iode. Après le poisson, il y a le lait et les produits laitiers comme source d’iode. On le doit à l’emploi de fertilisants riches en iode sur le sol destiné au fourrage des vaches laitières. À cause des précipitations, on retrouve aussi l’iode dans les champs, d’où sa présence dans certains légumes. Il faut aussi avoir une bonne hygiène de vie. Si vous êtes fumeur, on sait par exemple que le tabac freine l’absorption de l’iode.

 

La carence en iode, un problème de santé publique

 

20% de la population mondiale en souffre encore. Chez nous, on peut parler de carence latente. Aujourd’hui, on recommande de limiter les apports en sel pour lutter contre l’hypertension artérielle, un autre fléau de notre siècle. C’est très bien mais du coup, on a moins d’apport en iode via le sel de table. Le conseil supérieur de la santé recommande de remplacer le sel normal par le sel iodé dans toutes les préparations, sans augmenter évidemment la quantité. Les boulangers sont d’ailleurs appelés à mettre du sel iodé dans leurs pains. Il y a un risque de carence, surtout chez les personnes qui font un régime sans sel, chez les femmes enceintes ou allaitantes. On conseille alors de prendre des compléments alimentaires.

 

Juliette Hariga

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