L'invité de Matin Première - Michel Visart

L'invité de Matin Première - Michel Visart
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L'invité de Matin Première - Michel Visart - © Tous droits réservés

L'invité de Bertrand Henne est Michel Visart, journaliste à la RTBF, spécialiste d'économie. Il refait l'année 2016 en évoquant entre autres, les attentats de Bruxelles où il a perdu sa fille. Ils évoquent également l'économie et le film Demain...

Michel Visart, journaliste économique à la rtbf revient sur deux sujets qui l'ont particulièrement marqué durant l'année 2016.

 

 

 

 

 

 

 

La perte de sa fille, lors des attentats de Bruxelles en mars 2016

9 mois après les attentats, Michel Visart est dans une phase de reconstruction personnelle, il souligne qu'il n'est toujours pas en colère. "La colère n'a pas fait partie de ma réaction personnelle", nous explique-t-il lors d'un témoignage à la RTBF quelques jours après les attentats. Les propos qu'il a d'ailleurs tenus à l'époque ainsi que les réactions des familles, amis et anonymes l'ont aidé. En parler avec les autres lui a fait du bien. Il souligne que les réactions sont propres à chacun.

"Même si une souffrance n'est pas l'autre, elle est forte partout."

Il a ressenti de la bienveillance de toutes parts. D'abord en rencontrant d'autres familles. Il a pu partager avec d'autres familles des victimes et constate que chacune souhaite, là où elle est, voir ce qu'elle peut mettre en place pour faire un peu bouger les choses. Ensuite, la bienveillance des anonymes à son égard, qui lui ont transmis des messages de soutien. Enfin, même si c'est très dur, on peut vivre avec la perte de sa fille et le faite qu'on le ramène souvent à cette réalité fait partie de la situation. Ils nous confie que "les paroles des gens sont toujours remplies d'humanité et de gentillesse".

Enfin, la Belgique est une société multiculturelle forte et malgré les évènements, les gens ont envie de se rencontrer, de se parler. Les portes s'entre ouvre vers cette voie. "La Belgique a une grande capacité de résilience" pour reprendre ses mots.

L'avenir est aux petites idées

Le succès du film "demain" a amené le journaliste à porter deux projets "La nuit des idées" et l'émission télévisée "Demain, et après?". L'idée de ces projets est de valoriser les petites idées et initiatives.

Il ne faut pas attendre que les solutions viennent "d'en haut". Les idées doivent venir de partout, du Pouvoir mais également de la base, des citoyens. L'émission met en lumière les citoyens qui se mettent en mouvement, concrètement, dans leur quartier par exemple. "Quand le citoyen bouge, il faut le raconter" nous dit-il et au travers des projets, le journaliste à pu rencontrer et montrer des enseignants et des élèves qui sont dans ce mouvement.

 

La capacité de transformation des sociétés démarre d'une part des petites initiatives locales mais aussi de la place du citoyen en tant qu'électeur. "Nous avons la chance de pouvoir voter, d'avoir notre mot à dire, à condition, qu'on nous offre la possibilité de le faire et que les débats politiques portent sur les vrais débats, ce qui n'est pas toujours le cas."

"Y a-t-il une crise de la démocratie qui s'installe? C'est une banalité de le dire, c'est évident."

Dans une démocratie, c'est toujours l'électeur qui gagne. La question à ce sujet est: pourquoi le citoyens votent de cette manière là? C'est ça, qui est important.
L'évènement qui a marqué le débat politico-économique en Belgique et qui a créé un véritable débat, c'est la signature du CETA.

Selon le journaliste, ce qui a amené ce débat, c'est dit-il "qu'à partir du moment où l'on négocie en chambre, entre experts, les décisions se prennent complètement détachées de la base." Ce qui s'est passé, c'est un rappel de la base. En ce sens, c'est une sorte de protectionnisme mais cela prouve surtout qu'il faut écouter les électeurs, les citoyens. On doit écouter la base.

 

Pour terminer, on peut relier le besoin de démocratie à l'économie. En 2016, nous avons eu une année très contrastée, on a énormément évoqué les pertes d'emplois chez ING, Caterpillar et en même temps le gouvernement se félicite de la création de 55 000 nouveaux emplois.

Ce qui explique ce contraste, c'est que nous sommes dans une charnière économique. L'ancienne économie est en train de mourir : beaucoup d'emplois disparaissent et d'autres émergent dans des PME et des secteurs de pointes. Le problème, c'est "qu'il n'y a pas d'adéquation entre les pertes d'emplois et les nouveaux emplois proposés" explique-t-il.

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