L'infidélité diffère que l'on soit un homme ou une femme

En Belgique, l’infidélité est un sujet encore relativement tabou, et il est donc difficile d’avoir des statistiques. Toutefois, les pays anglo-saxons sont plus riches en données que nous : là-bas, un couple marié sur 4 serait concerné par l’infidélité.

Et en matière d’infidélité, malheureusement, les statistiques confirment les stéréotypes. Les hommes seraient moins fidèles que les femmes. 25 à 40 % des hommes interrogés admettent avoir été infidèles au moins une fois dans leur vie, contre 15 à 20% des femmes.

Il faut toutefois nuancer les choses selon le contexte de l’enquête : " Des études ont comparé les prévalences quand on interroge par téléphone ou quand il s’agit d’interview en face-à-face, et les gens semblent plus honnêtes lorsqu’il s’agit d’une étude en ligne, totalement anonymisée ", explique la docteure en psychologie Moïra Mikolajczak. Par ailleurs, " le risque augmente à mesure que le temps passe : si vous êtes mariés depuis 20 ans, vous êtes effectivement plus ‘à risque’. "

Un pic à 40 ans chez les femmes

Chez les femmes, on constate que le pic d’infidélité se situe à l’âge de 40 ans. Et bonne nouvelle : si votre femme ne vous a pas trompée à 50 ans, elle ne le fera probablement plus puisqu’à partir de cet âge, le risque retombe à un niveau proche de zéro. " Tandis que chez les hommes, ce pic est à 60 ans et ne retombe jamais à zéro. Il décroit légèrement mais les hommes semblent rester infidèles jusqu’à leur mort ", détaille Moïra Mikolajczak.

Pourquoi est-on infidèle, au juste ?

On pourrait croire que l’infidélité résulte de l’absence de bonheur dans le couple. Et pourtant, il n’en est rien : " Un quart des couples concernés trouvent avant tout une insatisfaction conjugale ou sexuelle. Certaines personnes sont par exemple très satisfaites sur le plan sexuel avec leur conjoint mais ont simplement envie d’autre chose : plaire, séduire à nouveau, ressentir l’adrénaline ou la passion, … Chez d’autres, ce sera justement une insatisfaction sexuelle qui sera le moteur de l’infidélité. Ces personnes auront envie de tester d’autres choses, retrouver de l’intimité ou de la tendresse qu’on n’a plus dans le couple, tester des pratiques sexuelles qui nous font fantasmer mais que le conjoint n’apprécie pas. Et puis parfois, l’infidélité est juste une manière de prendre du temps pour soi ", ajoute la psychologue.

L’infidélité, est-ce sans risque ?

" Non, pas du tout ", répond la psychologue. " Quand on lit des études, ça nous coupe toute envie d’infidélité parce que, lorsque le partenaire l’apprend, ça peut très clairement être dramatique. Il y a évidemment un certain nombre de cas où le partenaire ne l’apprendra pas et où il faudra juste gérer la complexité mentale liée à l’infidélité. Ça n’aura pas de conséquence négative, et ça peut même avoir des conséquences positives. Par contre, quand le partenaire l’apprend, seuls 15% des couples n’auront pas de problème majeur avec cette infidélité. Et dans 85% des cas, ça posera des problèmes, tantôt graves tantôt moins graves : dépression, anxiété, voire stress post-traumatique chez les personnes qui n’auraient jamais pensé leur partenaire capable d’un tel acte. In fine, la majorité du temps, ça aboutit à une détérioration de la relation de confiance qui peut mener au divorce."

Des réactions bien différentes

Si les hommes seront plus gênés par le fait que la femme ait donné son corps à quelqu’un d’autre, la femme peut passer au-dessus d’une infidélité purement sexuelle, sauf si son partenaire lui avoue avoir eu des sentiments pour la personne avec laquelle il l’a trompée. Quant aux réactions, " la femme trompée va plutôt être déprimée ou en dépression, et se sentir coupable, tandis que l’homme réagit par de la colère et de la violence verbale ou physique. Des crimes conjugaux trouvent donc racine dans l’infidélité… ", conclut Moïra Mikolajczak.

Germain et nous 3.0 - L'infidélité dans le couple - Véronique Thyberghien

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK