L'identité belge: la fin des préjugés

"J’adore les Belges"
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Co-auteur du documentaire "J’adore les Belges" et auteur du livre "Comment devenir Belge en 10 leçons", l’humoriste Gilles Dal est avant tout historien. Si la Belgique est connue pour ses frites et ses bières, l’identité belge, quant à elle, se définit par ce qu’elle n’est pas : le Belge n’est ni Français, ni Néerlandais, ni Allemand, tout en étant un peu de tout cela. Gilles Dal revient sur l’évolution de l’identité et de l’image que les Belges ont d’eux-mêmes, ainsi que de l’évolution des préjugés de nos voisins français. Préjugés aux racines historiques insoupçonnées.

"Par définition, quand les Français parlent des Belges, ils les réduisent" s’exclame Gille Dal. Mais d’où provient ce mépris des Français à l’égard des Belges? Au 19e siècle, pendant que le peuple français militait pour de meilleures conditions de travail dans les mines, leurs voisins belges n’hésitaient pas à franchir la frontière dans l’espoir d’y trouver du boulot. Depuis, une réputation négative leur colle à la peau"À l’époque, les moyens de communication étaient beaucoup plus réduits qu’aujourd’hui. Les Français se plaignaient de leurs conditions de travail dans les mines alors que les Belges, situés juste à côté, tentaient de rallier la France pour y travailler. Le Belge était vu comme un briseur de grève. C’est ce qui fait que les Belges ont bénéficié de cette fâcheuse réputation."

L’idée de ce documentaire, même s'il n’a pas été validé scientifiquement, c’est de se dire que les Belges s’en tirent pas mal alors que c’est un pays de rien du tout.

Mais ce n’est pas la seule explication. Là où la France se repose sur un passé glorieux, la Belgique semble s’être construite comme une succession de hasards. Ces "hasards de l’histoire" ne sont que très rarement pris en compte dans le storytelling français. Pour Gilles Dal, "les Français ont souvent vécu dans l’idée que leur pays était au centre du monde, comme si leurs frontières découlaient d’une sorte de décision divine." Tandis qu’en Belgique, il y a historiquement cette fatalité d’un État artificiel. "La réalité c’est que la Belgique est née comme un État tampon entre de grandes nations telles que la France, la Hollande ou l’Allemagne. Alors que traditionnellement, la France s’appuie sur une histoire prestigieuse et sur des personnalités historiques et politiques aux discours marquants, la Belgique est tiraillée par ses divisions communautaires et son manque d'événements de prestige."

Un regard qui a changé en 20 ans

Si le Belge souffrait d’un stéréotype négatif, il est désormais porté au pinacle. Moqué autrefois, il est aujourd’hui loué pour ses qualités nombreuses. Simplicité, modestie et humilité en sont les maîtres-mots. Si le Belge n’a pas changé, c’est que le regard des Français a, lui, évolué. Ce documentaire propose d’explorer les racines et les évolutions de cette image ambiguë que le Belge développe auprès de ses voisins français. Attention tout de même car à force de répéter que le Belge n’est ni fier ni arrogant, il pourrait finir par le devenir.

 

Gilles Dal, Comment devenir Belge en 10 leçons, éd. Michel Lafon.

 

 

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