L'hyper-parentalité : un phénomène encore méconnu

«Et si nous laissions nos enfants respirer ? Comprendre l’hyper-parentalité pour mieux l’apprivoiser»
«Et si nous laissions nos enfants respirer ? Comprendre l’hyper-parentalité pour mieux l’apprivoiser» - © Tous droits réservés

L’hyper-parentalité n’est ni une maladie, ni une dérive, mais une tendance : celle de parents très exigeants vis-à-vis d’eux-mêmes d’assurer le bonheur de leur progéniture. Un bonheur qui peut parfois mal tourner. Burnout parental, repli sur soi et perte de repères de l’enfant, "Et si nous laissions nos enfants respirer ? Comprendre l’hyper-parentalité pour mieux l’apprivoiser", c’est le dossier de Tendances Première, en compagnie de l’auteur du livre, Bruno Humbeeck.

Si l’enfant doit bien évidemment pouvoir compter sur le soutien indéfectible de ses parents, une exigence trop prononcée de ses aïeux peut s’avérer calamiteuse sur le long terme. Cette forme de parentalité hypertrophiée, comme si le fait de les avoir mis au monde les rendait responsables de tout ce qui leur arrivait, peut faire ressentir chez l’enfant une espèce d’étouffement néfaste à leur développement personnel.

Si l’hyper-parentalité est un problème, Bruno Humbeeck insiste sur le fait qu’il ne s’agit "ni d’une maladie, ni d’une dérive, ni d’une tare". Dès lors, comment s’en apercevoir ? Selon lui, elle se manifeste généralement par l’apparition de trois symptômes : "Il y a tout d’abord, ce que j’appelle les "parents hélicoptères". Ce sont ces parents qui tournent de façon un peu névrotique autour de leurs enfants de peur qu’il leur arrive quelque chose. Il y a aussi les "parents drones" qui eux vont toujours vouloir le meilleur pour leurs enfants, sans se soucier de la collectivité. Et puis, les "parents curling" qui pensent pouvoir tout contrôler, alors que comme les joueurs de curling, le fait de balayer ne vous donne qu’une illusion de contrôle du palet."

Un enfant qui respire, c’est un parent qui n’étouffe pas

"Il ne me viendrait jamais à l’esprit de dire que des parents vigilants sont des parents qui posent problème" s’exclamait Bruno Humbeeck. Pourtant, il met en garde les parents à ne pas tomber dans ce qu’il appelle l’hypo-parentalité. À force de vouloir être un parent parfait, vous vous retrouvez face à l’épreuve de la réalité qui vous montre que vous n’êtes qu’un parent normal : "Vous avez voulu ce qu’il y a de mieux pour vos enfants ? Et bien dorénavant vous acceptez le pire et vous démissionnez en quelque sorte de votre boulot de parent. L’hypo-parentalité est parfois la conséquence d’une hyper-parentalité qui n’est plus assumée du tout. Un parent apte à défaillir désacralise en quelque sorte la figure du papa ou de la maman parfaite et c’est dans ces imperfections que votre enfant va se construire."

Avec l’avènement des réseaux sociaux et les avancées technologiques en matière de téléphonie, il est légitime de se poser la question de la responsabilité de ces outils. Lorsque Véronique Thyberghien évoque la question d’un auditeur sur l’omniprésence du GSM chez les enfants de plus en plus jeunes, Bruno Humbeeck n’hésite pas à parler d’instruments extrêmement anxiogènes, au même titre que les réseaux sociaux : "Nous sommes dans une société qui vise à tout contrôler. Le GSM est un instrument de réassurance mais qui peut vite paradoxalement devenir un instrument très anxiogène. C’est comme avec les réseaux sociaux. On voit beaucoup de parents se méfier des écrans comme de la peste."

Que ce soit dans la revendication de l’excellence ou dans dans l’acceptation de la médiocrité, l’hyper-parentalité peut résulter chez l’enfant sur une certaine fragilité au niveau de l’intelligence émotionnelle. Le livre de Bruno Humbeeck, composé de tests et d’outils de réflexion, propose différentes pistes de solution permettant de soulager le parent et de soutenir le développement de l’enfant de façon saine.

 

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