"L'humiliation est constamment présente dans les discours pour rappeler aux femmes qu'elles sont des femmes" - Jean Van Hemelrijck

"L'humiliation est constamment présente dans les discours pour rappeler aux femmes qu'elles sont des femmes" - Jean Van Hemelrijck
"L'humiliation est constamment présente dans les discours pour rappeler aux femmes qu'elles sont des femmes" - Jean Van Hemelrijck - © Tous droits réservés

"Comment appelle-t-on une femme âgée qui sort avec un mec plus jeune ? Une cougar. Et comment appelle-t-on un mec plus vieux qui sort avec une nana plus jeune ?  Un homme… Il n’y a pas de mot !"

Une question fondamentale dans notre société, c’est la gestion de l’humiliation

Pour Jean Van Hemelrijck, psychologue et psychothérapeute du couple et de la famille, "Il existe une humiliation régulière, c’est celle faite aux femmes. Vous savez une femme quand elle arrive dans un commissariat pour porter plainte pour viol, on lui demande : mais comment étiez-vous habillée ? Que faisiez-vous à 23h30 dehors ? C’est-à-dire : en quoi êtes-vous partenaire du processus qui a abouti à votre viol. En quoi êtes-vous coupable d’être une femme ? Et la femme à Macron, c’est vraiment cette mise en scène discrète de cette humiliation régulière faite aux femmes"

Il existe tout un discours politique qui dit : les hommes et les femmes doivent être égaux

"Mais il y a ces petites et discrètes humiliations quotidiennes qui ramènent toujours l’idée qu’être une femme c’est quelque chose de particulier. Ce n’est pas dit, car officiellement le discours montre une égalité absolue. Mais dans l’ombre ce n’est pas le cas."

"Et c’est dans cet endroit que tout se joue pour la femme à Macron. Naturellement, ils jouent beaucoup avec cela, ils se donnent en spectacle, ils se montrent, ils s’embrassent devant les caméras pour montrer qu’ils s’aiment. Ils doivent constamment lutter contre ce qu’ils ont fondé. C’est un couple effrayant, car une professeure a détourné un jeune élève. Ce n’est pas bien ! C’est naturellement elle qui l’a détourné, ce n’est pas lui. Il n’a fait que succomber aux pouvoirs de ses hormones. Elle aurait dû garder raison et distance. Mais pourquoi faut-il toujours faire cette légère différence ? Pourquoi faut-il toujours expliquer que pour une femme c’est un peu différent ? On frôle toujours l’humiliation. Ce sont des petits mots discrets qui rappellent à la femme qu’elle n'est pas tout à fait dépositaire du même droit."

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