L'histoire du vêtement au fil du temps

L'histoire du vêtement au fil du temps
L'histoire du vêtement au fil du temps - © ysbrandcosijn - Getty Images/iStockphoto

Tout au long des siècles, le vêtement s'est nourri d'une multitude de scandales, d'audaces et d'irrévérences. Qui se souvient qu'au restaurant, une femme ne pouvait entrer au restaurant en pantalon, que les talons étaient réservés aux hommes, que le blue jean, la minijupe ou encore le blouson en cuir étaient des sujets de véritables polémiques? Le documentaire " Tenue correcte exigée! Une histoire des vêtements qui ont fait scandale " est revenu sur notre rapport ambivalent aux vêtements. C'était le nom d'une exposition à Paris et qui désormais fait l'objet de ce documentaire faisant intervenir des conservateurs de musée de la mode à Paris, des spécialistes de la mode et des rapports de genre ou encore l'historien Michel Pastoureau, qui reviennent ensemble sur l'origine du ou des scandales. Caroline Esgain, conservatrice du musée " Mode et dentelle " fait également la lumière sur ces scandales et la manière dont ils ont transformé nos usages.

Trop féminin, trop masculin, trop court, trop couvrant, trop large, trop haut, troué, déchiré, débraillé, m'as-tu-vu, clinquant, mauvais genre,... Une seule certitude se dessine : une tenue correcte a toujours été exigée. Gare à ceux qui sortent du rang.

Couleurs, motifs, rayures et damiers : peu appréciés au Moyen-Age

Le terme " normes " n'est peut-être pas juste, mais c'est quelque-chose qui jalonne l'histoire du costume, c'est cette culpabilité originelle de ce pêché qu'ont commis Adam et Eve en voulant savoir et connaître comme un Dieu, et suite à ce pêché ils se sont rendus compte qu"ils étaient nus, et ils ont dû s'habiller. Nous sommes donc en effet malgré nous remplis de cette culpabilité originelle en occident avec ce fond judéo-chrétien de culpabilité par rapport au vêtement, que l'on va parfois trouver trop voyant ou trop excentrique. Les couleurs, les motifs, les rayures, les damiers étaient des motifs peu appréciés au Moyen-Age car ils étaient associés au diable. Et pourtant, ils sont portés! On les voit après dans des peintures avec notamment des bas de couleurs différentes qui étaient alors critiqués par la religion mais qui étaient portés par les nobles, qui les revendiquaient et qui étaient très fiers de les porter. C'était un réel paradoxe, cette culpabilité originelle et cette volonté ancrée profondément en l'homme de se singulariser dans son aspect extérieur. Cet aspect extérieur est toujours signifiant. Malheureusement au Moyen-Age nous n'avons accès qu'aux classes aisées, on voyait ce qu'elles portaient. C'est moins le cas pour les paysans ou les classes laborieuses. Par rapport à aujourd'hui, nous n'avons accès qu'à une partie limitée des vêtements portés à cette époque.

Des trous dans les vêtements, signes extérieurs de richesse 

Apporter le soin aux vêtements, avoir des vêtements propres, soignés et non déchirés est important. Cela dit, ça peut varier avec le temps. La propreté du vêtement est un critère quasiment constant. Tandis qu'on voit que l'histoire du vêtement est jalonnée de trous qui sont parfois signes extérieurs de richesse. C'est le cas par exemple pour les crevés de la Renaissance, à la fin du Moyen-Age, où les nobles vont sciemment faire des trous dans leurs vêtements, alors que ce sont des velours magnifiques, pour montrer la chemise blanche qu'ils ont en dessous, sous-vêtement de l'époque. C'était le seul vêtement en contact avec le corps et qui pouvait donc être lavé à l'eau. Le but était de montrer qu'on avait les moyens de s'acheter une très belle chemise en lin blanc. A l'époque, c'était plus laborieux d'obtenir une chemise bien blanche.

Les personnalités issues de la noblesse lancent les modes

Tout au long de l'histoire, les femmes sont accusées d'être trop féminines quand elles ne sont pas trop masculines, c'est une double injonction permanente envers les femmes. Dans l'ancien régime, ce sont les personnalités issues de la noblesse qui lancent les modes. L’avènement de la grande bourgeoisie donne une nouvelle source d'inspiration et d'influence à la mode, qui va doucement transgresser ces assignations de genre. A la chute de l'ancien régime, ce ne sont plus les nobles qui vont donner les modes, ce seront des personnalités en vue, aidées de personnes professionnelles. Progressivement, le XIXe siècle va voir apparaître le premier grand couturier, Charles Frederick Worth, un Anglais exilé à Paris. Ce XIXe siècle va donc voir exploser cette classe sociale de la bourgeoisie qui n'était pas spécialement appréciée de la noblesse car tout d'un coup, ces gens qui ne sont pas " bien nés " se font beaucoup d'argent avec leurs industries et qui prennent les rênes de la société. Cette classe bourgeoise n'a pas de codes préalablement établis comme la noblesse avait l'étiquette par exemple qui disait qui peut porter quoi à quel moment, qui peut porter quelle couleur à quelle occasion,... La bourgeoisie va donc devoir écrire son propre code de conduite au sens propre comme au figuré. 

La mode des garçonnes

Dans les années 20-30, la mode des garçonnes arrive avec les cheveux courts, les bonnets, les jupes courtes qui remontaient au dessus du genou, les premiers ports de pantalon notamment avec Marlene Dietrich au cinéma qui porte smoking et haut de forme. C'est alors un véritable scandale, mais aussi une véritable transgression. Il y avait d'ailleurs que Marlene Dietrich qui pouvait le faire dans ses films. Coco Chanel avait également mis sur pied une mode estivale dans ses salons où elle proposait des pantalons aux femmes, mais uniquement comme tenue de vacances. Nous sommes alors dans les années 20, il va falloir attendre 50 ans pour que les femmes puissent porter un pantalon librement sans être regardées de travers et dans des circonstances autres que celles des vacances.

L'arrivée de la minijupe

L'étape suivante sera dans les années 60 avec la minijupe, avec Mary Quant en Angleterre et André Courrèges en France. Coco Chanel va la déclarer complètement indécente car on y voit les articulations. Tout d'un coup, avec cette pièce, on voit toute la jambe! Mais cette mode s'adressait surtout à la jeunesse, elle a surtout choqué les plus vieux. Cependant, cela a apporté une formidable avancée : les bas collants. C'est à ce moment que naît aussi le prêt-à-porter et la haute couture. 

Pour d'autres informations sur l'histoire du vêtement, regardez la vidéo ci-dessous. 

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