L'entreprise est-elle devenue cool ?

L’entreprise est-elle devenue cool ?
L’entreprise est-elle devenue cool ? - © Tous droits réservés

Entre les canapés qui se répandent dans les bureaux et les cadres qui arrivent en trottinette, l’univers du travail semble avoir pris un nouveau tournant, une sorte de cool-attitude serait instaurée au profit des salariés. Mais est-ce vraiment bénéfique ou est-ce juste un leurre ?

En 69 chroniques dans le livre " Le syndrome de la chouquette ou la tyrannie sucrée de la vie de bureau ", Nicolas Santolaria, journaliste, a exploré l’univers du travail et son virage prétendument cool. Selon lui, le nouveau canapé de l’open-space, la disparition des frontières entre vie privée et vie professionnelle, le Chief Happiness Officer et ses bonbons Haribo, le cadre à trottinette seraient simplement de nouvelles méthodes de management qui viseraient à pousser l’employé à rester plus longtemps au travail.

 

L’entreprise une colonie de vacances ?

L’entreprise nous rend captif, l’environnement ludique cache l’asservissement et son caractère carcéral ".

Nicolas Santolaria est parti du constat d'un changement progressif du type de management dans les entreprises issu du modèle startup. Avec ce nouveau modèle, il n’existe plus de contraintes, l’entreprise est devenue " hyper sympa " et se présente sous un angle ludique avec des canapés, des babyfoots, des murs végétaux et propose même des responsables du bonheur, tout est mis en place pour qu’on cache les codes du travail et fait en sorte pour que l'employé se sente bien.  Selon le journaliste, le but avec ces méthodes serait simplement d’amener les gens à apprécier leur lieu de travail pour qu’ils y restent plus longtemps et donc pour plus de rentabilité.

Conséquences pour l'employé

Pour Nicolas Santolaria, les conséquences sont variables d’une entreprise à une autre et d’un salarié à un autre. Cependant la conséquence la plus marquée est la confusion entre la sphère privée et professionnelle. Si l’entreprise casse les codes du lieu de travail habituel, elle pousse donc l’employé à lui-même les casser et à confondre ces deux sphères, ce qui n'est pas recommandé.

Ce nouveau management amène le salarié à s’investir plus dans son travail, puisqu'il n’est plus vraiment présenté sous sa forme originelle. De plus la création de postes comme responsable du bonheur au sein de l’entreprise serait pour l’auteur une forme d’injonction au bonheur que le travail devrait remplir poussant l'employé à travailler plus pour être "heureux".

On distingue également les pathologies de plus en plus fréquentes provoqués par ce type de management comme le burn-out, le bore-out (fait de s’ennuyer au travail) le brown-out (ne pas trouver de sens à son travail) ou encore l’hyper-stress.

La technique de la chouquette comme métaphore d’un nouveau type de management

Enfin, l’auteur du livre nous  explique le choix du titre " Le syndrome de la chouquette ou la tyrannie sucrée de la vie de bureau " comme un titre qui résume bien le contenu de ses chroniques. Il le tire d’une comparaison entre cette situation assez commune en France où le supérieur amène des chouquettes à ses employés, une façon " cool " et " relax " de commencer la journée tout en abordant des sujets délicats liés au travail autour du met sucré. En parallèle à cette situation que l’on peut connaître lorsque l'on se rend chez le boulanger avec ses enfants et que celui-ci leur offre une chouquette : est-ce vraiment pour leur faire plaisir ou est-ce pour les pousser à faire revenir leurs parents ?

Cette métaphore résume bien le but ambivalent que peuvent prendre tous ces nouveaux services mis à la disposition de l’employé. La cool-attitude ne serait peut-être qu’une façon déguisée de prendre encore plus de pouvoir sur les salariés à la différence d’un lieu de travail très cadré qui ne cacherait pas son but final.

 

L'importance du ragot, accepter son patron sur Facebook, rire aux blagues de son patron... et pleins d'autres sujets à écouter dans la suite de cette interview dans l'émission Tendances Première

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