L'enseignement numérique : innovant et participatif !

L'enseignement numérique : innovant et participatif !
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L'enseignement numérique : innovant et participatif ! - © Tous droits réservés

Les cours ex cathedra, c’est fini, dépassé. Le numérique est en train de transformer les universités. Moocs (massive online open courses), OER, blended learning, peer review, podcasts, vidéos… de nouvelles formes d’enseignement aux noms exotiques se sont invitées dans les établissements, permettant à l’étudiant de devenir acteur de sa formation. Plus d’interactions, de participation et, finalement, de motivation.

On fait le point avec Marcel Lebrun, professeur en technologies de l’éducation et conseiller pédagogique au Louvain Learning Lab de l’UCL et Eric Haubruge, premier vice-recteur à l'enseignement à l’ULiège.

Marcel Lebrun : "On vit une période magnifique avec les ressources numériques qui se diffusent, les réseaux sociaux qui sont des lieux de partage et de connaissance... Une période magnifique mais aussi pleine de dangers."

Eric Haubruge :  "L'enjeu est de travailler à la fois sur des outils, sur des espaces, sur des comportements. Il y a le fait aussi de pouvoir faire accepter les changements et l'évolution qui va très vite, à l'extérieur de l'université. (...) L'ULg développe toute une série de Moocs (massive online open courses) pour diffuser le savoir à l'extérieur et à l'intérieur de l'université, parce qu'ils peuvent aussi servir à réformer les programmes de cours."

Une quinzaine de Moocs complets existent aussi à l'UCL et proposent des cours ouverts en ligne.

 

Est-ce la fin des syllabus ?

Pour Marcel Lebrun, "nous connaissons une fin de vie du syllabus et peut-être même du cours magistral en amphi. Le syllabus, c'était la pensée, les écrits du seul professeur qui allait donner cours. Aujourd'hui, même s'il reste l'accompagnateur des étudiants, c'est évident, je pense que l'ouverture vers d'autres ressources, vers d'autres contextes, la transdisciplinarité est quelque chose d'important. Donc oui le syllabus est en train de disparaître."

Eric Haubruge précise : "D'autres outils vont venir compléter cette disparition, avec la présence de l'intelligence artificielle (Deep Learning, Machine Learning) qui vont aider le professeur et l'étudiant à stocker et analyser toutes ces données et ce grand syllabus universel qu'on trouvera sur Internet. (...) La révolution numérique ne doit pas se passer uniquement sur les Moocs (massive on line open courses) mais sur un ensemble de dispositifs, avec un support technique au professeur qui doit prendre conscience qu'il doit dégager du temps pour ça. La réalité virtuelle, la réalité augmentée prennent aussi le pas maintenant.

On va aussi vers un enseignement qui sera un enseignement tout au long de la vie, dans des espaces et des lieux différents. Tout est en train de se réformer et le numérique est un élément déterminant dans cette adaptation de l'université à ces différentes formes d'enseignement."

Un enseignement plus démocratique

Aujourd'hui, un étudiant canadien ou chinois peut suivre un cours de l'UCL en ligne. L'auditoire a désormais comme limite le monde. La gestion du cours va donc se faire différemment. L'intelligence artificielle va devenir l'assistant du professeur.

Tout le monde peut aujourd'hui acquérir des compétences universitaires, via des cours en ligne, et être certifié. Cela existe déjà, par exemple avec l'école 42 à Paris : "Dans le futur, on va assister à des méthodes d'enseignement de type collaboratif avec des outils à disposition. C'est inspirant et le fait d'être passé dans cette école 42, d'avoir rencontré les organisateurs, d'avoir suivi des séminaires, nous rend apte à avoir des compétences collaboratives, dans l'innovation collective par exemple. L'université, si elle restait telle qu'elle était il y a 50 ans, serait amenée à disparaître. Parce que tout autour de nous, plein d'acteurs qui ne sont pas l'université sont en train de se mettre en phase en matière d'enseignement, grâce aux outils numériques."

 

La notion d'espace change

Marcel Lebrun constate : "L'espace va se reformuler. A LLN, on a mis l'accent sur le fait que les professeurs qui développent des Moocs, qui externalisent donc leur cours, pensent à des activités beaucoup plus riches de compétences, comme travailler en équipe, conduire des projets, faire preuve de créativité. Les technologies nous libèrent, pour profiter de nouveaux espaces, de nouveaux temps, de nouveaux types de relations mais elles peuvent aussi nous aliéner. Tout cela est une affaire de formation des humains, une affaire d'école au sens large, toute la vie durant."

"L'auditoire 2.0 sera moins en gradins, plus plat, avec du mobilier mobile, pour avoir des îlots où on travaillera sur des sujets différents, avec des ressources différentes et en se repartageant tout ça. La technologie portera ses fruits si on retrouve l'humain et la présence."

Les forums, les réseaux sociaux seront aussi de nouveaux espaces d'apprentissage et d'entraide. "Le concept d'open source (données gratuites, outils...) et d'espace ouvert font partie de l'environnement à l'ULg, ajoute Eric Haubruge. Il y aussi des Learning Centers dans toute la ville car les étudiants aujourd'hui veulent travailler en groupe. Il faut réadapter les lieux d'apprentissage à ces comportements."

 

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