L'édito

Barack Obama
Barack Obama - © Belga

Edito politique de Willy Vandervorst.

L'EDITORIAL INTERNATIONAL DE CE MERCREDI VA NOUS FAIRE TRAVERSER L'ATLANTIQUE OU BARACK OBAMA MET SA NOUVELLE - ET DERNIERE - EQUIPE DANS LES "STARTING-BLOCKS".

Barack Obama aime les défis... quitte à avancer avec prudence, comme on l'a vu lors de son premier mandat. En matière étrangère comme sur la scène intérieure, il sait se montrer audacieux. Mise au pas par un président désireux de définir ses limites (comme il l'a fait à Prague ou au Caire) Hillary Clinton peut en témoigner.

A l'aube de son second mandat, on se demande évidemment vers où portera-t-il ses prochains coups? Quelle voie empruntera la nouvelle administration? Avec cette sous-question, quelles leçons le Président a-t-il tiré de sa première expérience?

Les indices sur lesquels on peut s'appuyer aujourd'hui reposent sur la composition de l'équipe qui l'accompagnera les 4 ans à venir. Plus question - comme en 2009 - de devoir resserrer les rangs en héritant de sa rivale démocrate Clinton, ou de montrer son désir de rassembler tous azimuths en conservant l'ancien secrétaire à la Défense républicainRobert Gates.

Cette fois, et alors qu'il attaque son dernier mandat, Barack Obama semble désireux de montrer qu'il peut être plus qu'un trop prudent suiveur, désireux de montrer qu'il peut faire autre chose que terminer les conflits irakiens et afghans dont il a hérité.

Il a donc logiquement choisi le terrain de la relation extérieure pour témoigner définitivement de sa différence. Et pour affirmer ce cap, Obama a choisi deux personnages expérimentés.

D'abord le sénateur John Kerry, un homme qui connait bien la diplomatie pour avoir occupé ces dernières années le siège de président du Comité des Affaires étrangères du Sénat. Ensuite, Chuck Hagel, un autre sénateur mais ici républicains, et qui s'est fait des adversaires dans son propre parti en critiquant l'intervention américaine en Irak et aussi le "lobby juif" qui s'exerce aux Etats-Unis. Deux hommes qui se sont démarqué de la politique militarisée mise en oeuvre par l'ex-président républicain George Bush jr.

AVEC DEUX EQUIPIERS QUI PRONENT OUVERTEMENT LE DIALOGUE DANS LA RELATION INTERNATIONALE, ON PEUT IMAGINER QUE BARACK OBAMA CHERCHERA A RECENTRER LES CHOIX DE LA NOUVELLE ADMINISTRATION... PEUT-ETRE POUR MIEUX SE CONCENTRER SUR LA LUTTE CONTRE LES GROUPES TERRORISTES.

A choisir entre la menace supposée du nucléaire iranien et les opérations des réseaux de la terreur, Barack Obama ne s'éternise pas. Et ces deux exemples sont dans l'actualité. Le weekend dernier, lors de son passage à la Conférence sécurité à Munich, le vice-président Biden a renouvelé les offres de dialogue avec l'Iran. Et hier soir, après avoir salué l'opération française au Mali, la Maison Blanche lancait un appel à l'Europe pour qu'elle agisse contre le Hezbollah. Ici, on peut voir la patte d'un troisième homme: John Brennan, le probable prochain directeur de la CIA.

Dans le domaine international, les hommes et les choix du Président semblent scellés.

Pour Obama, il s'agit maintenant sans tarder de préparer son rendez-vous avec l'histoire, sachant que dans un peu moins de quatre ans son successeur - surtout s'il n'est pas du même bord que lui - pourra aisément détricoter ce qui n'aurait pas été solidement bâti dans ce second mandat.

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