L'édito

Palais de Justice de Bruxelles
Palais de Justice de Bruxelles - © Belga

Edito politique de Philippe Walkowiak.

On le sait, la classe politique mais aussi les médias, soyons de bon compte, sont friands de ces petites phrases qui font le sel de la vie politique. Chacun réagit à chaud comme d'ailleurs sur les faits de société qui suscitent de l'émotion dans l'opinion publique.

On vient de le vivre récemment tant à Anvers qu'à Liège que pour la Justice.

Longtemps, les partis flamands de la majorité fédérale ont ménagé la N-VA et son leader. Chacun préférait défendre sont point de vue plutôt que de critiquer l'homme politique le plus populaire de Flandre. Depuis le début de cette année, changement de tactique: les critiques commencent à toucher le président de la N-VA. Mais attention à ne pas exagérer, de le placer dans son rôle préféré de Caliméro politique.

Pour Johan Vande Lanotte, Bart De Wever devait même devenir le Lord Voldemor du paysage politique flamand, celui dont ne prononce pas le nom.

Peine perdue.

Par ses prises de position, mi-provoc', mi-populiste sur le port de T-Shirt arc-en-ciel, Bart De Wever a forcé les autres partis à se situer par rapport à lui. Même en assimilant l'homosexualité à une obédience, il aura relancé le débat sur le port de signe distinctif pour les fonctionnaires en contact avec la population. Et pas sûr qu'il n'ait finalement pas marqué des points dans l'opinion publique.

Et précisément, l'opinion publique...

Les partis politiques tentent d'en être le relais même s'il est parfois difficile de faire la part des choses sous le coup de l'émotion. On vient de le voir tant après le plan de licenciement chez Arcelor qu'avec les demandes de libération conditionnelle de Marc Dutroux et Michèle Martin.

Ces faits d'actualité n'ont bien entendu rien à avoir entre eux mais on retrouve à chaque fois la même précipitation dans la classe politique.

Avec le cas Arcelor, on se rencontre que Mittal a énormément profité des intérêts notionnels, a complètement éludé l'impôt en toute légalité. Cela fait des années que le problème est connu, dénoncé mais c'est quand c'est trop tard que l'on veut agir.

Déjà l'affaire Dutroux avait conduit les gouvernements Dehaene puis Verhofstadt à réformer dans l'urgence police et justice.

Nouvelle émotion populaire et nouvelle réforme de la libération conditionnelle au mépris cette fois de l'avis de tous les acteurs de la Justice. La nouvelle loi ne changera rien pour Dutroux et Martin mais elle soulage la majorité et même si la Justice ou les prisons restent en très mauvais état.

Albert Camus disait je cite qu' "Une Société se juge à l'état de ses prisons"...

Et de ce point de vue, la Belgique paraît bien mal en point...

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