L'édito

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illustration - © Belga

Edito de Philippe Walkowiak.

Après de longues tractions communautaires, des douloureuses négociations budgétaires, la réalité économique a fini par s'imposer brutalement à l'agenda politique. La fermeture de Ford Genk comme la restructuration en profondeur de la sidérurgie liégeoise aura aussi pris par surprise le monde politique.

Et pourtant tant le secteur automobile en Flandre que la sidérurgie en Wallonie, sont des secteurs menacés depuis très longtemps. Vecteurs des révolutions industrielles précédentes, ces entreprises se savaient menacées. Le secteur de l'acier est en restructuration depuis plus de 30 ans et le nombre d'usines automobiles chez nous n'a fait que se réduire sur la même période.

Le choc n'en est pas moins brutal. Et à chaque fois, au nord comme au sud du pays, la classe politique éprouve des difficultés à admettre son impuissance. Longtemps, elle a laissé croire qu'elle pouvait contraindre l'économie et elle l'a fait tant au sortir de la guerre que jusque dans les années 80 quand notamment la Région wallonne a su sauver, au prix de nombreuses pertes d'emplois, sa sidérurgie.

Mais aujourd'hui la logique semble s'être inversée...

L'Europe a gravement rogné la capacité d'action des pouvoirs publics avec il faut bien le dire, le consentement de tous les pays membres. Dans le même temps, nombre de centre de décisions quittaient l'Europe ou en tout cas le modèle d'économie de marché régulé socialement. On se retrouve aujourd'hui dans un paradoxe où les pouvoirs publics aux Etats-Unis ont sans doute plus de capacité d'intervention dans l'économie qu'en Europe.

Cette Europe s'est fixée des règles budgétaires et économiques qui paraissent mortifères à suivre à présent.

Et dans le cas d'ArcelorMittal, au sein de la classe politique, de nouveaux clivages sont apparus.

On a en effet vu des libéraux francophones soutenir une certaine forme de nationalisation et des socialistes wallons partagés sur cette opportunité. Par contre, on a aussi vu à la Chambre jeudi dernier, que la situation à Liège n'entraînait aucune compassion au nord du pays et des libéraux flamands en prendre prétexte pour plaider pour plus de flexibilité dans les entreprises!

Par contre, les partis francophones de la majorité donnent parfois l'impression de s'aligner sur le PTB quand on évoque les intérêts notionnels qu'ils ont pourtant tous soutenus d'une manière ou d'une autre. Chacun se cherche.

Toujours est-il qu'à ce jour ArcelorMittal-Liège n'est pas à vendre ni à céder. Et à ce stade, le plus grand septicisme prévaut...

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