L'édito

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illustration - © Belga

Edito international de Marc Sirlereau.

Retour sur l'élection présidetielle en France. Il y a pas mal d'enseignements à tirer de ce premier tour, et vous revennez ce matin sur ce que les instituts de sondage n'avaient pas prévu.

Les instituts de sondage se sont trompés, et donc les médias aussi, sur 2 points. Le taux d'abstention beaucoup moins important qu'annoncé et prédit. Et le résultat de Marine Le Pen. Et les 2 sont sans doute liés.

                                                                                                                                                                                                                                                                                            Depuis des mois, dans les sondages, on a situé la candidate d'extrême-droite à 14%, au mieux à 16 comme le score réalisé par son père en 2002. Mais jamais, un sondage ne l'a placée à 18%. Et pourtant, il y a un an lors des élections cantonales, le FN avait déjà cartonné dans le Nord-Pas de Calais ou en Lorraine par exemple. Et en un an, rien dans le contexte général n'a changé. Et donc, c'était prévisible. Le militant raciste et xénophobe du FN n'a pas de motif pour changer son vote. Et l'électeur inquiet pour son emploi, pour l'avenir de ses enfants ou qui a peur d'être agressé, à tort ou à raison, ne voit pas pourquoi il ne voterait pas Marine Le Pen. Pour ces gens, ce n'est pas un vote d'espoir, ils s'estiment oubliés, négligés, mis sur le côté par Nicolas Sarkozy mais aussi par François Hollande. Et donc, beaucoup par dépit, votent Le Pen. Mais depuis dimanche soir, ces gens doivent être rassurés… on les a compris. C'était le message de Nicolas Sarkozy et de François Hollande.            

Même message mais  avec des mots très différents. Et des explications différentes  aussi.

Nicolas Sarkzoy parlait d'emblée d'immigration, de respect des frontières, de sécurité et de valorisation du travail, en clair il y a trop d'assistés. Etonnant ce point de vue, car il y a assurément bon nombre "d'assistés" qui ont ce dimanche voté Marine Le Pen. Et pour Nicolas Sarkozy, l'élément-clé, c'est qu'en votant François Hollande, tous ces malheurs, toutes ces dérives vont être amplifiées. Pour le reste…                            

Question-réponse, François Hollande a lui parlé de chômage, précarité, amputation du pouvoir d'achat et rémunération trop forte octroyée aux plus haut-dirigeants. Et pour François Hollande, l'élément-clé, c'est qu'en votant Nicolas Sarkozy, tous ces malheurs, toutes ces dérives vont être amplifiées. Pour le reste…

Jusqu'à présent, il y avait finalement eu peu de promesses fortes qui allaient changer la face du monde dans cette campagne. Vu le contexte de crise, la prudence était plutôt de mise chez les 2 principaux candidats. Mais depuis dimanche, tout pourrait changer. La victoire n'a pas de prix. Attention, ça pourrait une nouvelle fois renforcer l'électorat d'extrême-droite déjà constitué en grande partie par les déçus de François Mitterrand qui voulait changer la vie, de Jacques Chirac qui voulait réduire la fracture sociale et de Nicolas Sarkozy qui voulait être le président du pouvoir d'achat et de l'emploi…

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