L'Edito

La grève générale est très rare en Belgique: la dernière remontait à 1993, contre le plan global ou dans les années 80 contre les plans Val Duchesse.
Mais elles ont aussi rarement influencés le cours des choses.

A chaque fois, le gouvernement a fait prévaloir l'urgence ! Cette excuse de l'urgence a souvent également été utlisée pour limiter la concertation sociale ou dans le meilleur des cas réduire cette concertation à quelques aménagements à la marge.
Dans cette optique, le gouvernement Di Rupo n'agit pas autrement que les gouvernements Martens-Gol ou Dehaene.
On fait passer les mesures en force, le rôle du parlement est réduit à la portion congrue. Le gouvernement fait le gros dos et attend que la grogne sociale passe.

Et à chaque fois, il fallait réduire de manière drastique l'endettement de l'Etat

Et à chaque fois, l'index, les pensions, les carrières, la protection sociale ou les services publics ont été mis sur la sellette. En 1986 comme en 1993, comme en 2012, la dette de la Belgique était devenue problématique. Il fallait faire vite. Non pas que la situation se soit subitement dégradée, mais à force de tarder à prendre des mesures, celles-ci sont devenues plus que pressantes. Le plan global de 93 était déjà une exigence européenne. La Belgique devait réduire sa dette pour entrer dans l'Euro. Et en quelque sorte aujourd'hui, elle doit toujours réduire sa dette pour y rester ! Certes, il a fallu aider les banques belges à la dérive mais nous payons aussi 18 mois de blocage politique, l'absence de réforme durant les années Leterme et l'insouciance des années Verhofstadt où il y avait des marges budgétaires pour agir mais où trop peu de choses ont été engagées.

Mais cette fois, on sait déjà que ce plan d'austérité risque bien d'être suivi d'autres...

Il fallait trouver près de 25 milliards d'économies d'ici 2015; ce chiffre pourrait être revu à la hausse; Les 11 milliards d'économies de cette année seront à peine voté qu'il faudra tout de suite en trouver d'autres; on parle de 2 milliards. Avec de nouveaux débats, de nouvelles crispations entre gauche et droite de la majorité, on le voit déjà. Mais avec une obligation de résultats qui agréent les agences de notation ou l'Europe.
Et là, pas sûr que cela facilite la concertation ou satisfasse les syndicats !!

Philippe Walkowiak

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