L'Edito

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L'Edito de notre responsable de la cellule internationale Maryse Jacob.

C'est aujourd'hui que prend fin à New-York le sommet consacré aux objectifs du millénaire. Un sommet pour évaluer les progrès enregistrés depuis 10 ans en matière de lutte contre la pauvreté. Et c'est le Rwanda qui a été choisi en exemple par le secrétaire général de l'ONU. Un choix qui récompense des progrès évidents mais qui n'est sans doute pas dénué d'intérêt.

Là-dessus, il n'y a aucun doute : depuis qu'il a pris le pouvoir au Rwanda en 1994, le président Kagamé a transformé son pays : les succès sont incontestables dans la lutte contre la mortalité infantile, le sida, le palusdisme. Progrès aussi dans l'accès à l'éducation, le développement économique, le développement des infrastructures. Mais le Rwanda érigé en modèle inspire plusieurs réflexions : de nombreux rapports dénoncent le pillage par le Rwanda des ressources du Congo. Comment ne pas s'interroger sur le lien entre ces pillages et le développement économique du Rwanda. Et puis le Rwanda ne s'illustre pas uniquement en matière de développement. Kigali a accepté d'envoyer 3.500 militaires au Soudan où ils forment l'essentiel d'une force de maintien de la paix. Il y a quelques semaines le président Kagamé n'a pas hésité à menacer l'ONU : il retirera ses hommes du Darfour si les Nations Unies maintiennent leurs accusations : un rapport qui a fait l'objet de fuites accuse Kigali de s'être livré à des actes de génocide au Congo, fin des années 90. En juillet dernier, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki Moon s'est déplacé jusqu'à Kigali pour essayer de recoller les morceaux. Et on sait que les discussions se poursuivent actuellement à New-York. La question est aujourd'hui de savoir si le Rwanda mis à l'honneur par l'ONU à l'occasion du sommet sera aussi accusé d'actes de génocide par la même organisation, le 1er octobre, date annoncée pour la publication officielle du rapport.

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