L'échec, une merveilleuse façon d'apprendre

L'échec, une merveilleuse façon d'apprendre
L'échec, une merveilleuse façon d'apprendre - © MIND_AND_I - Getty Images/iStockphoto

Saviez-vous que l'échec peut être vécu comme un apprentissage? En effet, si l'on prend conscience des échecs que l'on vit tous, qu'ils soient petits ou grands, il suffit de simplement prendre le temps de les analyser pour comprendre ce qui s'est passé et pouvoir rebondir à partir de ces échecs.

Une époque où l'on prône le zéro défaut

Ce n'est pas toujours évident de vivre avec ses échecs, d'autant plus que nous sommes dans une époque où l'on prône le " zéro défaut ", la performance et la croissance à tout prix. Quelqu'un qui se sent donc en position de faiblesse ou de vulnérabilité va aller jusqu'au bout, et c'est pour cette raison qu'il y a autant de burn-out. On n'accepte pas le fait de ne pas pouvoir poursuivre son objectif à un moment donné et au lieu de parler, de se concerter, on garde tout cela et on court alors beaucoup plus le risque d'amplifier le nombre d'échecs en ne prenant pas de recul.

La plupart du temps, nous avons du mal à parler de nos échecs car cela équivaut à faire aveu de faiblesse. L'échec est une faiblesse, c'est comme ça qu'on le vit, comme ça qu'on le considère. Mais la force de l'échec est beaucoup plus forte qu'on ne l'imagine. Lorsqu'il y a eu un échec, il faut analyser. Il faut se demander " qu'est-ce qui dépend de moi dans cet échec? ", " qu'est-ce que je ressens par rapport au fait d'avoir vécu cet échec? ", " qu'est-ce que je peux mettre en place pour que la prochaine fois ça ne se reproduise plus? ", "comment me concerter avec mon environnement ou mes collègues pour mettre en place quelque chose qui fonctionne mieux? ". Il faut savoir que c'est d'échec en échec que l'on a découvert des choses formidables... Or dans nos vies on a éliminé l'échec, alors qu'en réalité ça fait partie de nous. Nous subissons des forces et des faiblesses, et une force peut devenir une faiblesse tout comme une faiblesse peut devenir une force. C'est très important de s'en rendre compte à l'heure actuelle et d'accepter notre vulnérabilité.

Une tendance à nous identifier à ce que l'on fait

Rater ne veut pas dire que l'on est un raté. Or aujourd'hui, nous avons de plus en plus tendance à nous identifier à ce que l'on fait. D'ailleurs lorsqu'on demande à quelqu'un de se présenter, la plupart du temps il nomme sa profession. Idem au niveau des échecs, au lieu de s'identifier aux échecs et aux erreurs que l'on peut commettre, on n'est pas ce qu'on fait. Tout est lié à des contextes, à des comportements, à des objectifs qu'on se donne et des objectifs qui peuvent ne pas aboutir. Il ne faut surtout pas s'identifier à ce que l'on fait. En fonction du contexte, on peut évoluer complètement, on peut changer la perception que l'on a de soi. Nous sommes des êtres tout à fait adaptables, malléables, bref nous avons une capacité d'adaptation tout à fait extraordinaire. 

Quelqu'un qui n'a jamais échoué n'a peut-être jamais entamé quelque-chose

Au moment d'un échec, il est difficile de sortir des émotions et des sentiments que cela peut provoquer chez nous. Il ne faut donc pas hésiter à se faire aider et à écouter les autres qui veulent nous aider. Il faut également prendre le temps de voir tout ce qui a été mis en place et qui a bien fonctionné. Il faut partir de nos réussites et au lieu de partir des échecs de la vie de tous les jours, on devrait plutôt partir des petites réussites journalières, hebdomadaires, et se dire que dans ce qu'on réussit, on met en place des ressources, des compétences que l'on peut généraliser et à partir desquelles on peut partir plutôt que de partir des échecs. Si l'on prend le cas d'une entreprise, c'est plus positif de vivre avec des collègues qui reconnaissent leurs échecs, qui les analysent et qui avancent plutôt que d'être totalement stressé à l'idée de craquer. Dans ce moment-là, le regard que l'on porte sur soi est tout aussi compliqué que le regard des autres. Il faut se dire que ce n'est pas parce que il y a une erreur qu'on n'est pas capable et qu'on n'a plus les ressources que l'on a. Partir plutôt des réussites peut être intéressant car on développe son plein potentiel et ce plein potentiel peut être développé partout.

Enfin, il faut garder à l'esprit que quelqu'un qui n'a jamais échoué n'a peut-être jamais osé entamer quelque-chose. C'est lorsqu'on analyse ses échecs et qu'on les vit bien qu'on ose prendre beaucoup plus de risques. On n'est pas complètement stressé à l'idée de commettre une petite erreur. L'échec est donc une merveilleuse façon d'apprendre et non un aspect négatif et destructeur dans notre vie et notre carrière professionnelle.  

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK