L'échec peut-il être positif ?

L'échec peut-il être positif ?
2 images
L'échec peut-il être positif ? - © Pixabay

On entend souvent dire que les erreurs sont formatrices, qu'un échec est toujours une manière d'apprendre sur soi et de rebondir.

Mais est-ce bien vrai?

Pour Jean-Olivier Collinet, de Jobyourself, il faudrait mettre davantage en valeur l'échec, comme c'est le cas dans la culture anglo-saxonne.

Nous avons un problème culturel en Europe, où l'échec est vécu comme un fardeau qu'on traîne. Peu de gens voient l'échec comme une possibilité de rebondir, mais plutôt comme une fin ou comme une zone de culpabilisation.


Apprendre de ses erreurs en amour

Un échec amoureux peut déboucher sur un apprentissage salutaire : on se remet, on fait son deuil et puis on rebondit. Si on reste coincé sur son échec, on risque de refuser toute nouvelle relation dans sa vie, ce qui n'est pas naturel pour l'être humain. 

 

La stigmatisation de l'échec scolaire

La peur de l'échec scolaire fait partie de notre vie. Pendant les 15 premières années de la vie, le mot échec est fortement stigmatisé. On est donc éduqué à l'échec, bien qu'on puisse être très bon dans d'autres branches que celle où on échoue.

Heureusement, dans l'enseignement, la notion d'échec est aujourd'hui mieux gérée. On est passé à l'encouragement positif. S'il a un échec en math, le jeune sera encouragé sur les autres matières.

 

L'échec professionnel

Nous vivons aussi dans la peur de l'échec dans notre vie professionnelle. Pourtant, aux Etats-Unis par exemple, un club d'affaires de Manhattan exige d'avoir fait faillite 3 fois pour pouvoir y entrer. L'échec est donc considéré comme une clause d'inclusion et pas d'exclusion. On part du principe que la personne ne refera pas les mêmes erreurs.

Lorsqu'un projet ne fonctionne pas, ce sont indiscutablement les banques qui sont les plus dures ; les amis, les fournisseurs, les associés "pardonnent", jamais les banques, explique Jean-Olivier Collinet.

On constate qu'après un échec entrepreneurial, les femmes rebondissent moins bien que les hommes. Il s'agit sans doute d'une problématique culturelle : les banques, l'entourage seraient-ils moins encourageants que pour les hommes ?

On remarque aussi qu'au plus on est jeune, au plus on est capable de se relancer. 80 % des jeunes de moins de 35 ans sont prêts à redémarrer, contrairement aux personnes de plus de 50 ans, peut-être plus prudentes.

 

Comment gérer ses échecs?

C'est bien sûr le mental qui va primer, ainsi que la gestion du stress.

Les conseils de Jean-Olivier Collinet en cas d'échec :

  • Eviter de se dévaloriser, de se dire que de toute façon on est mauvais. 
  • Se dire qu'on ne peut pas toujours réussir, qu'il faut déjà être fier d'avoir agi.
  • Prendre le temps de réfléchir à cet échec.
  • Revoir éventuellement ses objectifs à la baisse.
  • Demander de l'aide pour avoir un point de vue extérieur. Il ne faut effectivement jamais rester seul face à l'échec. Le vivre de manière collective est souvent une bonne manière de rebondir.
  • Se dire qu'un problème a souvent concerné d'autres personnes, qu'on n'est pas seul à le connaître. 
  • S'entourer de personnes positives, qui auront un regard lucide sur ce qui s'est passé. Les vrais amis sont ceux qui vous disent : "Tu t'es planté mais tu as aussi fait de bonnes choses".
  • Eviter de se donner de fausses excuses. Pour rebondir efficacement et comprendre les choses, on doit assumer totalement cet échec.

Ecoutez ici les explications de Jean-Olivier Collinet

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK