"L'avantage Tremplin-indépendants, c'est vraiment une chance qu'on nous donne"

 "L'avantage Tremplin-indépendants, c'est vraiment une chance qu'on nous donne"
"L'avantage Tremplin-indépendants, c'est vraiment une chance qu'on nous donne" - © Tous droits réservés

L’avantage Tremplin-indépendants est une mesure qui permet de conserver, durant l’exercice d’une activité accessoire en qualité d’indépendant, son droit aux allocations de chômage pendant douze mois. 

Avec la tendance croissante des start-up et des auto-entrepreneurs, c'est l’occasion de nous pencher sur ce système : pour qui ? A quelles conditions ? Quels impacts ? Et que se passe-t-il quand l’avantage prend fin ?

Réponses avec Lawrence Louis-Charles et Fanny Delchef, tous deux bénéficiaires de l’avantage Tremplin, et avec Véronique Flammang, conseillère au 1819, un service téléphonique mis en place à l'initiative de la Région de Bxl-Capitale, pour informer et orienter les créateurs d'entreprises ou dirigeants d'entreprises existantes à Bruxelles.

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Depuis octobre 2016, on peut donc se lancer comme indépendant complémentaire, alors qu'on est au chômage, et exercer pendant la journée sans contrainte de temps.

A la fin des 12 mois, si l'expérience s'est bien passée, on se lance en tant qu'indépendant à titre principal, sinon, on reste avec son statut de chômeur. D'autres solutions consistent à continuer avec une coopérative d'activité ou d'autres structures encore.

Peut en bénéficier, toute personne

  • qui bénéficie d'allocations de chômage,
  • qui désire se lancer dans une activité,
  • qui n'a pas encore exercé cette activité en tant qu'indépendant dans les 6 années précédentes,
  • qui n'est pas artiste (ceux-ci ont un régime à part),
  • qui ne quitte pas volontairement un travail pour bénéficier de cet avantage.

Si on perd son emploi, parce qu'on est licencié, dès le lendemain, dès qu'on s'inscrit au chômage, on peut demander l'avantage Tremplin-indépendants.

"Le côté très positif de cette mesure est qu'on sait qu'on garde un revenu garanti au début, alors que les clients ne tombent pas du ciel et qu'en général, les premiers mois d'indépendant sont difficiles", explique Véronique Flammang, conseillère au 1819.

 

Expériences vécues

Lawrence Louis-Charles a ouvert un commerce qui met en valeur les artisans bruxellois, au travers de mille objets insolites. C'est Manneke, rue de la Madeleine à Bruxelles. Il a connu cette période où l'indépendant ne se paie pas beaucoup. Heureusement la mesure est arrivée et il a pu bénéficier de l'avantage Tremplin, sinon il aurait peut-être abandonné. "Je savais que ce serait dur, je m'y étais préparé. Mais en même temps, c'est tellement chouette, j'adore ce que je fais, je me lève et je suis content de ce que je vais faire. Je sais qu'il y a des difficultés financières, je stresse en permanence, j'ai toujours peur de l'avenir, mais je suis beaucoup plus content que quand je travaillais dans l'ancien job."

Fanny Delchef fait des reportages photos, met en avant le côté humain et naturel. Elle s'est lancée dans des ateliers photos (missclipclap.com) car elle a besoin de transmettre son savoir aux gens, de les motiver à avancer.  "Pour l'avantage Tremplin, c'est la même chose, à un moment, il faut y aller ! Sinon, on reste employé et on n'est pas content de se lever. Combien de personnes font des burn out depuis quelques années ? Si on n'est pas à la place où on devrait être. L'avantage Tremplin, c'est vraiment une chance qu'on a, de développer son entreprise, de voir si on peut en vivre ou pas..."

 

Et quelques contraintes...

Fanny Delchef expose aussi les  contraintes rencontrées. Il fallait jusqu'ici continuer à chercher de l'emploi, envoyer 6 candidatures par semaine, ce qui prenait du temps. Heureusement, cette mesure vient d'être supprimée. Par ailleurs, on ne peut pas dépasser 4000 euros par an, mais sans préciser si c'est charges comprises... Cela limite l'expérience, car comment refuser des clients potentiels ? Et comment savoir si on peut vraiment ensuite vivre de cette activité ?

Si on a gagné trop, il faudra par la suite rembourser une partie ou le tout des allocations de chômage, précise Véronique Flammang. Il faut donc être bien conscient de ce plafond et être suivi par un comptable ou une structure d'accompagnement pour ne pas avoir de mauvaise surprise. Et si l'activité fonctionne tout de suite très bien, on est libre d'arrêter l'avantage Tremplin et de se lancer immédiatement comme indépendant principal.

Véronique Flammang, conseillère au 1819, répond dans Tendances Première à toutes les questions des auditeurs. Ecoutez ici !

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