Du tabagisme à l'immigration : l'Australie en 4 questions

Sydney, Australie
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Cap sur l’Australie, pour parler mélanome, tabagisme, Aborigènes ou encore migrants.

Un record de cas de mélanomes

En Australie, les messages de prévention circulent largement, via des spots télévisés et radio. Tous les ans, nombreux sont ceux qui se font contrôler la peau. Ils se protègent par des crèmes solaires, des chapeaux. Les Australiens descendants de Britanniques paient en effet très cher leurs bains de soleil. Chaque année, le mélanome tue 11.000 personnes, ce qui a poussé l'Australie à devenir l'un des pays les plus à la pointe contre ce type très agressif de cancer de la peau.

Depuis, le taux de survie de patients atteints de mélanome à un stade avancé sont passés de moins de 5% à 50% aujourd'hui. Ces thérapies se sont révélées efficaces aussi pour d'autres types de cancer et pour éviter que la maladie ne revienne.

Vers une éradication du tabagisme ?

Les lois vont très loin dans la lutte contre le tabagisme. Une distance de 4 mètres est imposée, en particulier aux entrées des bâtiments publics, aux arrêts de bus ou de train, aux abords des piscines et des terrains de sport...

Le prix des cigarettes est exorbitant : 50 dollars la cartouche ! 

Résultat : une baisse drastique du nombre des fumeurs en Nouvelle-Galles du Sud. L'exposition des enfants au tabac a ainsi considérablement diminué, parce que leurs parents fument moins et parce que le tabagisme a lieu maintenant derrière des portes closes, il n'est pas visible pour les plus jeunes. Des lois existent concernant la vente aux mineurs. Le paquet neutre rend les jeunes moins conscients des différentes marques, il est plus difficile d'acheter quand on ne sait même pas quoi demander...

Ces stratégies font vraiment la différence. Seuls 6.7% des jeunes dans le secondaire fument. Le but est d'éradiquer presque totalement le tabagisme dans la jeune génération.

Des équipes de conformité vérifient auprès des vendeurs dans tout l'Etat que ces lois sont bien respectées et qu'ils ne vendent pas de paquets non conformes.


Aborigènes, entre criminalité et fierté

L'Australie lutte aussi efficacement contre les crimes. Une communauté apparaît tout en haut des statistiques de criminalité, c'est celle des Aborigènes, fortement marginalisés, pauvres, peu éduqués, sans emploi.

A Sydney, le quartier ghetto Redfern a été un haut lieu de criminalité et d'émeutes raciales : drogue, violence, arrestations... Il a bien changé aujourd'hui. 

Le Centre pour l'Excellence aborigène propose par exemple des activités aux jeunes de la communauté : sport, cours de langue, culture, ... "Avec ces outils, avec la routine et la discipline, avec un sens de la valeur et de la fierté, les gens s'ouvrent et deviennent plus forts. Nous sommes 3% de la population totale et nous accumulons des retards de façon disproportionnée. Nos hommes meurent en moyenne à 45, 47 ans, les femmes vivent en moyenne jusqu'à 53 ans. Notre taux d'incarcération est de 37 à 40%, dans certains endroits 90%. Notre réussite scolaire est bien inférieure à d'autres endroits. Il y a tellement de manques que notre rôle est d'être pro-actif et d'enseigner nos forces."

La politique d’accueil australienne

L'Australie, peuplée il y a 40 000 ans par les premiers Aborigènes, puis colonisée à la fin du 18e siècle, est aujourd'hui encore une terre d'immigration. Mais tous les immigrants ne sont pas les bienvenus. Face à un afflux massif ces dernières années, le gouvernement australien cherche à décourager les candidats de l'immigration clandestine par bateau, les boat people, à grand renfort de spots et d'affiches. Les bateaux qui cherchent à entrer illégalement en Australie sont repoussés en toute sécurité hors de ses zones.

La politique d’accueil est donc très stricte. 600 réfugiés sont toujours retranchés dans un camp de rétention australien en Papouasie Nouvelle-Guinée ; les autorités australiennes l’ont officiellement fermé, mais les migrants craignent pour leur sécurité s’ils quittent ce centre. Un millier de manifestants ont protesté le week-end dernier à Melbourne contre le sort réservé à ces demandeurs d'asile regroupés dans ce camp, que les Nations unies jugent en état d'urgence humanitaire.

Ecoutez plutôt, dans le reportage de Julien Jeffredo, qui commence à la 5e minute. 

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