L'application Maps d'Apple dans le collimateur de la police australienne

Ce n’est pas banal : La police australienne met en garde contre l’utilisation d’une application pour iPhone. Et ce n’est pas un nouveau canular !

La police australienne a bel et bien publié un communiqué pour mettre en garde les automobilistes contre l’utilisation de l’application cartographique qui équipe dorénavant les iPhones. De plus en plus de conducteurs utilisent en effet leur téléphone comme GPS.

Mais des automobilistes qui voulaient rejoindre la petite ville de Mildura dans l'Etat de Victoria, au Sud de l’Australie ont failli le payer cher. En suivant les indications de l’application d’Apple, ils se sont retrouvés dans des zones isolées, au milieu d'un parc naturel. Ils ont dû être secourus par la Police qui se dit, je cite, "très inquiète, car il n'est pas possible de s'approvisionner en eau dans le parc où les températures peuvent atteindre 45 degrés, ce qui rend la situation potentiellement mortelle". Vérification faite, l’application situe la ville à 70 km de son emplacement réel. Au moins 5 personnes ont dû être secourues dans cette zone qui n’est pas couverte par les réseaux GSM.

Témoignage de Simon Clemence, le chef de la police de la région : "Un des gars avait perdu le signal de réception de son téléphone, il était coincé, il s'est embourbé, il a dû marcher et il a mis 24 heures pour parvenir dans un endroit où le signal passait. On a alors pu lui porter secours. C'est une situation dangereuse et nous demandons aux gens de ne pas utiliser la nouvelle application cartes routières de leur iPhone dans cette région".

C’est une très mauvaise publicité pour Apple. Dès son introduction, l’appli a suscité des critiques pour ses nombreuses erreurs. Un blogue a même été créé pour recenser les plus flagrantes, comme par exemple l’image en 3D de Big Ben à Londres où les 4 horloges indiquent des heures différentes. Au point que Tim Cook, le patron d’Apple, a dû présenter ses excuses. Le chef du projet a été limogé. Suprême humiliation : Apple conseille maintenant des applications mises au point par ses concurrents pour remplacer son produit défaillant.

C’est d’autant plus incompréhensible que la firme n’a pas la réputation de mettre sur le marché des produits bâclés. Et que l’application de Google qui équipait jusqu’à présent les iPhones fonctionnait très bien. Mais voilà, c’était un produit Google. Et aujourd’hui les géants du web veulent bâtir des systèmes exclusifs et fermés, où leurs intérêts commerciaux passent avant la satisfaction des utilisateurs. On observe le même phénomène entre les réseaux sociaux, on y reviendra. Mais il ne faut pas perdre le Nord : même dans le monde du Big Business, se moquer du client, c’est toujours très risqué.

Alain Gerlache

 

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