L'adolescence rime-t-elle d'office avec parcours du combattant pour les parents?

L'adolescence rime-t-elle d'office avec parcours du combattant pour les parents?
L'adolescence rime-t-elle d'office avec parcours du combattant pour les parents? - © Tous droits réservés

Entre les portes qui claquent, la chambre qui devient un capharnaüm, la cigarette et l’alcool, l’adolescence est parfois un véritable chemin de croix pour les parents. Traverser cette délicate période sans dommage est un défi, mais Isabelle Filliozat nous explique qu'il est possible de vivre sereinement l'adolescence dans son livre "on ne se comprend plus ! ".

Pourquoi la période de l’adolescence effraie-t-elle autant?

Une des raisons majeures de la peur de l’adolescence chez le parent, c’est que le parent a tendance à se rappeler de sa propre adolescence, qui ne s’est pas toujours passée de manière très harmonieuse. Confronté à son ado, les souvenirs reviennent et l’inconfort de cette époque se projette sur les enfants et les parents peuvent vite avoir le sentiment de perdre le contrôle. Isabelle Filliozat souligne quand les enfants sont petits, on est tout pour eux. Il faut prendre chaque étape de leur journée en charge " or à l’adolescence les enfants veulent à tout prix prendre leur indépendance et n’ont plus besoin de leurs parents. Du coup, comme l’explique l’auteur du livre " On ne se comprend plus ", on perd les pédales et cette perte de contrôle comme on ne sait pas la gérer, ça génère de l’angoisse, de l’inquiétude voire même de l’agressivité. On va chercher alors à contrôler l’ado et plus on cherche à contrôler, moins on y arrive. C’est donc le transfert de son propre vécu, et l’angoisse suscitée par la perte de contrôle qui sont les facteurs déterminants des craintes des parents.

Comment gérer cette peur? L’exemple de l’alcool

Pour Isabelle Filliozat, la clé c’est de garder la relation, " ne pas se laisser gagner par l’angoisse, parler des choses, de sa propre histoire de son propre vécu et écouter l’ado pour muscler les compétences qu’ils pourraient utiliser en cas de situation difficile. "

Isabelle Filliozat donne l’exemple très concret de l’alcool et de l’ado. Selon elle, si on dit à un ado, " je t’interdis de boire de l’alcool ", c’est la garantie absolue qu’il en boira. En revanche si on lui dit " l’alcool ça abîme ton cerveau, moi aussi j’ai été tenté, je me suis laissé faire et ce n’est pas génial ",cela signifie que l’on se positionne sur ce que l’on pense par rapport à ça, sans lui demander pour autant de ne pas le faire. La solution serait alors de proposer plutôt une réflexion avec son ado, " réfléchir avec lui sur les réactions qu’il peut avoir, et lui proposer au moins 10 options face à cette tentation. "

Car oui, l’option de boire restera toujours une option privilégiée, mais si on fait générer à l’adolescent d’autres options, au moment où le copain lui tendra le verre, au lieu d’être complètement happé par l’influence sociale, de se conformer aux désirs de son copain, il aura alors la capacité de choisir.

 

 

La confiance

Une des clés de la traversée de cette période, et encore plus que par rapport à d’autres périodes de la vie, c’est la confiance dans la relation et dans le lien. L’adolescence n’implique pas d’office d’être complètement inconscient, il existe toujours une forme de prudence chez l’ado, et le parent peut parfois se reposer sur cette éducation.

Pour Isabelle Fillioza la seule chose qui va retenir un adolescent de céder à l’influence de ses copains, c’est l’amour, le lien qu’il a avec son père ou sa mère et qu’ils le mettront en relation avec quelque chose de solide à l’intérieur de lui-même. C’est pourquoi il est capital de ne rien faire qui risque de rompre le lien. Menacer l’ado ne peut qu’aggraver les choses, on pense à tort qu’on peut contrôler de cette façon. Si le lien d’amour est assez fort, l’enfant se sentira relié à ses parents et ne voudra pas les décevoir.

 

 

Écoutez la suite de l'émission pour en savoir plus et découvrir les conseils de Isabelle Fillioza sur les adolescents!

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK