Journal du Web : Pourquoi Hillary Clinton ne parle pas aux journalistes

Hillary Clinton, Facebook & Twitter
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Hillary Clinton, Facebook & Twitter - © Tous droits réservés

Hillary Clinton préfère manifestement s’exprimer sur les réseaux sociaux que dans les médias traditionnels. Depuis l’annonce, il y a deux mois, de sa candidature à l’investiture démocrate, elle n’a donné aucune interview à la presse. Les journalistes politiques américains ne cachent pas un certain agacement. Hillary Clinton cherche-t-elle à éviter les questions embarrassantes de la presse ou est-ce une façon de jouer la carte de la proximité et du contact direct avec les électeurs ?

Hillary Clinton donnait ce weekend son premier grand meeting à New York. Il y a deux mois, c’est sur YouTube et sur les réseaux sociaux qu’elle révélait sa décision de briguer l’investiture démocrate pour l’élection présidentielle de 2016. Depuis, elle a sillonné l’Amérique, répondant aux questions des citoyens et très peu à celles des journalistes. En fait, Hillary Clinton n’a donné AUCUNE véritable interview à la presse depuis l’annonce de sa candidature.

Mettre les réseaux sociaux au cœur d’une campagne électorale, ce n’est pas neuf. Mais remplacer les interviews dans les grands médias par une communication à sens unique sur le web, c’est une petite révolution.

Un changement de donne qui provoque un certain mécontentement dans les rédactions. A tel point que ce weekend, son directeur de campagne s’est senti obligé de rassurer les journalistes en affirmant qu’Hillary Clinton donnerait bientôt "plein d’interviews". Selon lui, la candidate démocrate aurait voulu, les premières semaines de campagne, "privilégier le contact direct avec les citoyens américains".

"Her speech will be her interview", titrait un article de Politico au début du mois, reprenant une phrase figurant parmi les consignes données aux journalistes accrédités pour couvrir un meeting d'Hillary Clinton. Un document qui disait : "Vous devez rester derrière les barrières. Il n’y aura aucune opportunité d'interviewer Hillary Clinton; son discours sera son interview".

Comment expliquer cette stratégie de communication ? Deux lectures sont possibles. Soit on y voit une cohérence avec le souhait d’Hillary Clinton d’apparaitre proche du peuple, d’avancer doucement vers la primaire et d’éviter l’arrogance qu’on lui a souvent reproché. Une stratégie qualifiée par la presse de "go slow, go small". Soit on y voit la volonté d’éviter les questions dérangeantes en ne communiquant que sur des canaux qu’elle contrôle totalement.

Son expérience est sa force mais aussi son point faible. Sa carrière politique donne forcément du grain à moudre aux journalistes. Et Hillary Clinton n’a probablement pas envie de s’expliquer sur quelques épisodes controversés de son mandat de Secrétaire d’Etat.

Il y a aussi une particularité avec Hillary Clinton. Contrairement aux candidats moins connus, elle n’a pas besoin d’une exposition médiatique aussi importante pour sortir du lot. Du reste, même si elle ne parle pas aux journalistes, les journalistes continueront malgré tout de la suivre tous ses déplacements. C’est elle qui impose le tempo. Les médias en sont réduits à répercuter les points forts de ses discours et les mots clés de son programme sans pouvoir l’interroger en retour.

Sur les réseaux sociaux, l'équipe de communication d'Hillary Clinton communique avec brio et humour. A titre d'exemple, voici notamment la première photo publiée par la candidate, il y a 5 jours, sur son nouveau compte Instagram

Hard choices.

Une photo publiée par Hillary Clinton (@hillaryclinton) le

Robin Cornet (Twitter: @robincornet)

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