Journal du Web : les élections israéliennes vues du web

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Les réseaux sociaux ont-ils joué un rôle dans la victoire surprise du Likoud ? En tout cas, Benjamin Netanyahu les a utilisé jusqu’au dernier moment.

A fil de la campagne, Benjamin Netanayhu s’est servi de sa page Facebook pour s’adresser directement aux électeurs, enregistrant des messages vidéo tout simples, souvent depuis son bureau. Le dernier est arrivé quelques heures avant la fermeture des bureaux de vote, hier après-midi. Netanyahu appelait les électeurs de droite à se mobiliser, en soulignant que les arabes israéliens, eux, votaient massivement.

Surnommé le "candidat Facebook" par le site israélo-américain Vocativ, Netanyahu est suivi par près d’un million 300.000 personnes. C’est beaucoup pour un pays de 8 millions d’habitants. Ses principaux rivaux tournent plutôt autour des 100.000 fans. C’est un peu trompeur, cependant, car seuls 40% des fans du Premier ministre sortant sont effectivement israéliens, les autres proviennent de l’étranger et, à 42%, des États-Unis.

Sur les réseaux sociaux, comme à la télévision, Netanyahu a mené une campagne très émotionnelle, axée sur la sécurité vis à vis des groupes palestiniens, des pays voisins, de l’Etat Islamique ou de l’Iran. Avec des vidéos conçues pour le web, au climat anxiogène, contenant peu d’arguments mais des slogans percutant.

Netanyahu a mené une campagne à l’américaine, où il s’agit tout autant de souligner sa compétence que de dénigrer ses adversaires. Des publicités parfois, comiques, utilisant les codes du web pour leur donner un maximum de chances de devenir virales.

Un thème dont il a été très peu question dans la campagne israélienne, c’est la situation des territoires palestiniens. C’est le constat dressé par les bloggeurs du site israélo-palestinien +972 (le nombre fait référence à l’indicatif téléphonique, l’une des dernières choses que partagent encore israéliens et palestiniens).

Dans un web documentaire intitulé "Abstraction faite de Gaza", le blog +972 examine le paysage médiatique traditionnel israélien et constate que le sort des palestiniens occupe une place tout à fait marginale dans la presse (à l’exception du journal de gauche Haaretz). Le sujet est souvent traité avec un certain simplisme. Par exemple, les actions palestiniennes non violentes ou les efforts diplomatiques de l’Autorité palestinienne sont peu traités. C’est l’un des éléments qui explique que ça n’a pas du tout été un enjeu de la campagne.

Noam Sheizak, le directeur de 972, constate qu’il y a peu de voix critiques qui s’expriment sur cette politique et encore moins sur les actions de l’armée israéliennes. Selon lui, beaucoup de citoyens israéliens ont le sentiment que le monde entier est, de contre Israël, ont peur de déforcer davantage leur pays en le critiquant.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire l'article de Global Voices (en anglais) : "Les blogueurs israéliens demandent : pourquoi Gaza n'est pas un enjeu des élections israéliennes?"

Robin Cornet  -  @robincornet