Journal du Web : HSBC et le "chantage à la publicité"

Journal du Web : HSBC et le chantage à la publicité
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HSBC sanctionne les journaux qui ont publié les «SwissLeaks». La banque retire ses budgets publicitaires des médias «hostiles» à son égard. Quand les annonceurs mettent la presse sous pression.

Le patron Stuart Gulliver l’a reconnu, hier, lors de la conférence de presse où la direction présentait les résultats du groupe. La banque n’achète plus de publicités dans les journaux qui se montrent "hostiles" à son égard. Stuart Gulliver trouve la décision logique. Il explique que si les lecteurs lisent deux pages de critiques sur la banque, la publicité sur une page suivante sera sans effet. Les conséquences économiques sont évidemment plus graves pour le Guardian que pour Le Monde ou Le Soir puisque HSBC est un groupe bancaire britannique. Le Monde nuance un peu en expliquant que HSBC a suspendu quasiment toutes ses campagnes en ce moment vu le contexte tourmenté.

L’histoire donne lieu à de nombreuses discussions sur la toile. Certains internautes estiment que la presse doit se trouver d’autres sources de financements pour ne pas avoir à se soumettre à cette "arme de la publicité". En revanche, d’autres pensent que pour garantir l’indépendance, la pub reste la moins mauvaise solution de financement.

La semaine dernière, un éditorialiste du Daily Telegraph avait provoqué une importante polémique en annonçant qu'il démissionnait car, affirmait-il, la direction du quotidien avait imposé une couverture minimale de l'affaire HSBC afin de ne pas s'attirer les foudres de cet annonceur.

Le "chantage à la pub" n’est pas un mode de pression si exceptionnel. La presse rappelle, par exemple, que le groupe LVMH, incontournable géant le secteur de la mode et du luxe, dont on dit qu’il exerce une forte influence sur des magazines comme Vogue, avait retiré ses budgets publicitaires du journal Libération pour sanctionner une "Une" qui visait son patron. Évoquant les projets supposés d’exil fiscal de Bernard Arnault en Belgique, Libération avait titré à l'époque "Casse-toi riche con" en référence à une célèbre petite phrase de Nicolas Sarkozy.

Ces derniers jours, c’est en Algérie, qu’une affaire fait grand bruit : le patron d’un opérateur télécom à l’actionnariat qatari a menacé de priver de pubs les médias qui critiqueraient l’Algérie ou le Qatar.

L'Egypte condamne un cyber-activiste emblématique de la révolution de 2011

En Égypte, le pouvoir militaire contrôle à nouveau le pays d'une main de fer. L'une des figures les plus connues de la révolution de 2011 a été condamnée hier à 5 ans de prison.

C'est le blogueur et militant des droits de l'Homme Alaa Abdel Fattah. Il est très suivi sur son blog et sur Twitter où il a plus de 700.000 followers. Il a été condamné en même temps 23 autres militants accusés d'avoir organisé une manifestation "non autorisée" qui avait conduit à une altercation avec la police.

La manifestation en question visait à dénoncer les violences contre les femmes. La peines prononcées à l'encontre des militants des droits de l'homme sont lourdes : de 3 à 15 ans de prison.

Le deuxième numéro de Charlie Hebdo depuis les attentats sort ce mercredi

"C’est reparti". La Une a été dévoilée lundi soir sur les réseaux sociaux. Deux mois après les attentats et six semaines après sa Une sur le Prophète Mahomet, le journal satirique renoue avec "ses clients préférés" : Nicolas Sarkozy, Marine Le Pen, le Pape, un djihadiste, un grand patron et un journaliste forment une horde de chiens aux trousses du cabot Charlie qui s’enfuit en tenant un journal dans la gueule. Un dessin de Luz sur fond rouge accompagné de ce titre : "C’est reparti".

Sur Twitter, le chroniqueur Patrick Pelloux promet un numéro "sans concession". Il raconte aussi que le bouclage s’est déroulé dans une bonne ambiance. La Une se veut "joyeuse". C’est ce que disait le dessinateur Luz, invité de France Info de matin, qui expliquait la volonté de la rédaction de ne pas rester obnubilée par l’attentat qui a décimé la rédaction. Encore convalescent, le dessinateur Riss, rescapé de l’attaque, a piloté la préparation de l’édition en tant que nouveau directeur de publication.

Ce numéro sera tiré à deux millions 500.000 exemplaires. C’est très largement au-dessus du tirage de Charlie avant l’attentat, puisqu’on sait que son lectorat avait tellement baissé que sa survie était menacée au point d’avoir dû lancer, en novembre, une campagne de collecte de fonds. On verra si l’engouement pour le journal satirique est ponctuel et lié au mouvement de solidarité où s’il s’installe dans la durée.

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