Jeff Bezos et Amazon: qu'en pensent les patrons belges ?

L’homme figure désormais en tête du classement des hommes les plus riches au monde, devançant notamment Warren Buffet ou encore Bill Gates. Jeff Bezos, patron d’Amazon intrigue, dérange, autant qu’il questionne. Comment est-il perçu au sein du monde entrepreneurial belge ? Depuis ses méthodes de management, en passant par sa vision de l’entreprenariat, comment la méthode Bezos est-elle perçue dans le petit cénacle belge ? Christophe De Caevel, journaliste au Trends-Tendances a enquêté.

Des méthodes de management souvent décriées, un modèle économique complexe mais qui ne peut faire oublier l’indécent succès d’un banquier devenu empereur de l’E-commerce. Le PDG d’Amazon (dont la fortune personnelle est estimée à 135 milliards de dollars) et ses 560000 employés dans le monde "adore donner la leçon". Un ouvrage, intitulé "Disrupteur", sorti récemment, compile plus de 500 de ses citations, point de départ de l’enquête. "Je suis parti de cet ouvrage pour voir ce qu’en pensaient 8 patrons belges. J’ai sélectionné une série de ces citations et chacun de ces patrons a réagi à ce qui les intéressait, que ce soit positif ou négatif" explique Christophe De Caevel.

"Dans le monde des affaires, on se pose souvent cette question : pourquoi ? Mais il en existe une autre, tout aussi pertinente : pourquoi pas ?"

"La citation qui a le plus fait l’unanimité, y compris chez ceux qui ne l’aimaient pas, c’est cette citation de Jeff Bezos avec cette question du pourquoi pas" s’exclame Christophe De Caevel, avant de poursuivre "selon mes interlocuteurs, ce "pourquoi pas", c’est réfléchir à contre-courant, se poser la question que les autres ne se posent pas. Et c’est quand on commence à faire quelque chose qui surprend tout le monde qu’on tient peut-être une idée intéressante".

Cette question essentielle de l’innovation, Jeff Bezos se l’était parfaitement posée au moment de créer Amazon. Dès le début des années 90, il est impressionné par le boom d’Internet. Il décide alors de vendre des livres. Pourquoi des livres ? Pare que c'est facile à stocker, à transporter et à expédier. De plus, aucun vendeur physique, ni aucune librairie ne pouvait offrir toute cette gamme mondiale sur un seul lieu. En 1994, il crée son "magasin à tout vendre" mais n’est pas rentable tout de suite. Il faudra attendre quelques années pendant lesquelles il sera décrié, rallié voire même moqué mais il continuera à maintenir ce cap avec une seule certitude : "le service au client". "Jeff Bezos a inventé le service premium avec les livraisons gratuites. Même ses collaborateurs proches le traitaient de fou ! Et bien non, il créé des besoins, il rend des services et à la fin, ça marche…" raconte Christophe De Caevel.

"On dit même que lors de ses réunions, il laisse un siège vide qui représente "le client".

Jeff Bezos avait l’habitude de dire "les employés doivent redouter les clients". Si on écoute réellement ses clients, on va pouvoir analyser tout ce qui est améliorable pour ensuite prendre les dispositions qui s’imposent. Et c’est ce qui s’est passé pour Fabienne Bister, qui dirige la moutarderie éponyme : "Fabienne Bister me racontait qu’elle proposait des cornichons mais qu’en parlant avec ses clients, elle s’était rendue compte qu’ils passaient beaucoup de temps à les couper. Du coup, elle a commencé à les couper elle-même… Et c’est de ça dont parle Jeff Bezos quand il dit d’être à l’écoute du client. Aucune étude de marché ne lui a jamais dit que ca serait bien d’avoir des cornichons en cubes dans un bocal. C’est ça qui est intéressant dans cette démarche, c’est que ce n’est pas tant la concurrence qui doit inquiéter mais bien les attentes du client" avant de conclure "On pense souvent que vendre, c’est parler. Alors qu’en fait, non, vendre, c’est écouter".

Retrouvez l’enquête de Christophe De Caevel "Comment Jeff Bezos inspire les patrons belges" dans sa version en ligne ici.

 

 

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