Je fantasme donc je suis !

Qu’est-ce qu’un fantasme et que disent-ils de nous ? Faut-il en parler à son partenaire ? Alain Héril, sexothérapeute et psychanalyste en parle dans son dernier livre "Je fantasme donc je suis" aux Editions Eyrolles.  

Nous assistons dans nos sociétés à une banalisation de la sexualité, à ses termes et à ses comportements. Il semble nécessaire de remettre le fantasme "au bon endroit", dès lors que peu d’ouvrages sont disponibles pour le grand public. Univers complexe, le fantasme ne peut compter qu’une seule définition. Il y a en effet plusieurs types de fantasmes : certains sont agréables quand d’autres concernent notre part d’ombres. Certains nous étonnent ou nous excitent, bref l’univers fantasmatique est extrêmement large.

Une histoire de sexe ?

Quand on parle de fantasme, on pense toujours à la sexualité. Mais il existe bien entendu des fantasmes qui ne soient pas sexuels. Rêver qu’on gagne au Lotto par exemple. En gros, le fantasme est surtout la capacité à imaginer quelque chose de différent de ce que nous avons l’habitude de vivre au quotidien.

Mais le sexe y participe évidemment ! Le monde des fantasmes sexuels n’est pas simple à expliquer malgré sa banalisation. Dans la réalité des couples et des individus, parler intimement avec la personne qui partage notre vie, c’est difficile. "Il y a un discours périphérique sur la sexualité qui est extrêmement fécond et un discours intime qui l’est peut-être un peu moins. Et à l’intérieur de ça, il y a le fantasme qui joue son rôle, qui vient titiller, questionner. Et avec lequel nos contemporains ont parfois du mal", glisse Alain Héril. 

Le fantasme au sein du couple

Mais pourquoi est-ce difficile, alors que ces fantasmes pourraient être quelque chose de bénéfique pour le couple ? Selon le sexothérapeute, le fantasme comprend quelques enjeux relationnels et intimes : "Parfois la sexualité, on s’en sert pour régler des comptes avec l’autre ou avec soi-même. Mais il y a aussi l’intime. Et partager l’intime avec l’autre c’est aussi partager sa vulnérabilité". Et ce n’est pas simple de se montrer vulnérable face à l’autre. Bien entendu quand cette vulnérabilité est partagée par deux personnes, ils peuvent en retirer du positif. Il faut par contre s'attendre à ce que le fantasme entraine "ailleurs". Imaginer faire l’amour à son voisin ou à une star du cinéma emmène en dehors de la sphère relationnelle du couple. "C’est difficile car beaucoup de personnes pensent que si elles ont ce fantasme là, ça veut dire qu’elles sont ce fantasme. Mais si vous fantasmez que vous avez une relation sexuelle avec votre voisin, ça ne veut pas dire qu’il faut le faire et ça ne veut pas dire que vous avez envie de le faire", insiste-t-il. Pour Alain Héril, c’est simplement une mise en scène de la libido et du désir, comme le rêve d’ailleurs, qui va utiliser des images qui nous surprennent.

Faut-il en parler à son conjoint ?

Oui … et non ! Oui car le fantasme peut créer une nouvelle excitation dans le couple. Ça peut permettre de découvrir des choses chez l’autre qu’il n’a pas encore avouées. Et non, lorsque le fantasme peut heurter le ou la partenaire. "J’ai tendance à penser que si on est avec quelqu’un depuis un certain temps, on connait quand même un peu cette personne, et on sait très bien qu’il y a l’expression d’un type de fantasme qui risque de heurter ses valeurs, ses croyances, sa conception de la relation". La question primordiale est comment peut-on mesurer ce risque-là.

 

Retrouvez l'interview complète de Cédric Wauthier dans Tendances Première

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