"J'ai compté l'année passée. 7 fois, j'ai eu peur pour ma vie"

Ce vendredi 3 mai, la liberté de la presse sera mise à l’honneur. L’occasion de défendre l’indépendance des médias, d’évaluer cette liberté de la presse à travers le monde, mais aussi de rendre hommage à certains journalistes. Rudi Vranckx, reporter de guerre à la VRT depuis 30 ans, recevra les insignes de Doctor Honoris Causa de l’ULB et la VUB réunies, loin des querelles linguistiques belges. Une reconnaissance très importante pour le journaliste qui était l’invité de François Heureux dans l’émission Jour Première.

 

Une longue carrière

Rudi Vranckx a débuté sa carrière il y a 30 ans, à l’époque de la mort de Ceausescu. Depuis, il a couvert bon nombre de conflits en Irak, Syrie ou Afghanistan. Ses motivations ? L’indignation, la recherche de vérité et la volonté de témoigner de ce qu’il se passe dans les zones de conflit. Le reporter de guerre n’est pas en voie de disparition, comme certains le pensaient il y a une dizaine d’années, lorsque les journalistes étaient sous contrôle de l’armée officielle de la plupart des territoires. Finalement, les guerres persistent et les conflits se prolongent. Le phénomène du Printemps Arabe, par exemple, a envoyé de nombreux journalistes au cœur de ces pays, avec peu de moyens.

 

Des menaces qui pèsent sur le métier

La crise économique qui menace la presse affecte les médias qui n’ont plus les moyens d’envoyer des correspondants sur le terrain pendant de longs mois. La situation est également de plus en plus compliquée pour les journalistes freelance. Les risques de fake news représentent un autre danger qui pèse sur le métier et un véritable nouvel enjeu à l’ère des réseaux sociaux.  De plus en plus de personnes qui se trouvent sur place diffusent en effet leurs propres photos et vidéos au monde entier et ce type de journalisme civil peut donner lieu à des manipulations, du mensonge et de la désinformation. Ce phénomène engendre une perte de confiance des citoyens dans les médias traditionnels qui voient leur image écornée et leur travail discrédité.

 

Danger de mort

Des journalistes qui risquent leur vie au quotidien pour rapporter l’information, c’est ce que veulent célébrer les universités en décorant Rudi Vranckx et Elena Milashina, une journaliste d’investigation russe. Il arrive fréquemment que les reporters de guerre se retrouvent en effet en danger de mort sur le terrain. 7 fois l’année passée, a compté Rudi Vranckx. Sur 25 ans, 2000 journaliste ont perdu la vie, parfois sous ses yeux comme à Oms, en Syrie, où son collègue parisien a été touché à seulement 3 mètres de lui. En outre, Daesh n’hésite pas à kidnapper, tuer et décapiter les journalistes. Le reporter est donc en train de devenir une véritable cible.

 

Retrouvez ici l’interview de Rudi Vranckx :

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