[INTERVIEW] Iggy pop, l'iguane est en pleine forme

Iggy pop
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Iggy pop sort son tout nouvel album, baptisé " Free ". 3 ans après " Post Pop Depression ", son dernier album en collaboration avec le leader de Queen of the Stone Age Josh Homme. Bernard Dobbeleer l'a rencontré. L'occasion de retracer l'histoire de ce personnage.

Le monde n'attend pas Iggy Pop

Iggy vit dans une caravane. Ses parents sont plutôt cultivés. Son père est prof de lycée, sa mère travaille dans une entreprise d’aérospatiale. Il est plutôt doué comme élève, plutôt doué en math et en littérature. Ce n’est pas quelqu’un de riche. Il vient plutôt de ce qu’on appelle " L’Amérique low class ", " l’Amérique d’en bas ".

Iggy Pop va commencer sa carrière musicale avec son groupe: Les Stooges. En 1969, ils sortent leur premier album. Le groupe n'aura aucun succès de son vivant et l'album sera un flop. Par contre, il aura une influence considérable sur le ro

A contre courant

Le premier album des Stooges ne marche pas vraiment. A l’époque, il y a une grande partie des musiciens américains qui s’inspirent beaucoup des groupes anglais, notamment des Rolling Stones. Iggy, lui, est très impressionné par les Rolling Stones mais n’a pas envie de faire du Rolling stones version américaine…

Les influences d'Iggy Pop

Il était assez fan de tous ces groupes un peu en marge, Les Velvet Underground, les Doors aussi l’ont beaucoup influencé. Il parle encore beaucoup de Lou Reed aussi.

Iggy a souvent dit que ce qui lui avait donné l'envie de faire de la musique, c'était l'industrie automobile. Il est né près des usines automobiles où il y a des énormes machines d’emboutissage de taule et ça l’a fort impressionné. Ca lui a donné envie de faire de la musique, et une musique assez brutale. Le métal pour lui, c’est le métal qu’on broie et évidemment ça a annoncé ce qu’on appelait le heavy métal.

Lou Reed a été important pour les Stooges. Pour l’aspect musical et puis, pour ces textes, qui sont directs. On savait toujours de quoi il parlait. On voyait l’aiguille entrer dans le bras du personnage qu’il décrivait. On voyait les bottes en cuir et le fouet. Il était précis. Lou Reed était très important pour nous.

Iggy Pop

 

Juste avant de fonder les Stooges, Iggy a joué dans deux autres groupes dont un qui s’appelait " The Iguanas " et c’est de la qu’évidemment il a gardé le nom de Iggy Pop, donc les iguanes. Et pourquoi Pop ? Tout simplement parce qu’au tout début, lors des premiers concerts des Stooges, il voulait vraiment faire une forte impression sur le public, plutôt leur faire peur d’ailleurs et il s’était rasé les sourcils et donc ses potes l’ont surnommé Pop parce qu’ils avaient un ami qui avait perdu tous ses cheveux et donc ses sourcils à cause d’une maladie.

Les deux premiers albums n’ont pas trop marché, mais ils ont attiré l’attention de pas mal de monde, dont David Bowie

Traversée du désert et cinéma

Les années 80 vont être cahotiques pour Iggy. Il est considéré comme un chanteur de 3e zone

Il est vraiment culte parce qu’on le considère comme l’inventeur du punk. Il était évidemment revendiqué par un peu tout le monde, les Sex Pistols, Clash… Tous le reconnaissaient comme le père fondateur. Il a d’ailleurs expliqué qu’il avait beaucoup flippé quand le punk est arrivé en 1977 parce qu’il s’est dit " je suis ringard, je suis fini, ces jeunes font ce que j’ai essayé de faire mais ils le font mieux ". Ça reste quelqu’un qui n’est pas une " superstar ". 

Iggy Pop va devenir une icône et donc un personnage et il y a un réalisateur américain qui aime Iggy Pop plus que les autres. C’est Jim Jarmusch qui va le faire jouer dans " Coffee and Cigarettes ", son film à sketch où il y a un final formidable où il fait un face à face avec Tom Waits et ensuite bien sûr dans " Dead man " où il est un personnage ténébreux absolument génial. 

Il va marquer la filmographie d’un autre réalisateur Emir Kusturica qui dans " Arizona Dream ", début des années 90 propose bien sûr à son musicien officiel de faire la musique, ce musicien officiel, c’est Goran Bregovic. Et Goran Bregovic invite Iggy Pop sur un morceau qui fera date parce que c’est un morceau immense intitulé " In the Death Car ". Le " spoken word " chez Iggy Pop c’est quand même quelque chose…

1999, un virage dans sa carrière

En 1999, Il va faire son premier album acoustique, ou vraiment il va mettre en avant sa voix, les mélodies… Et cet album il s’appelle " Avenue B ".

Avenue B c’est une avenue de ce qu’on a appelé alphabet city, un quartier de New-York qui était assez défavorisé, et qui est devenue gentrifié aujourd’hui. Mais à l’époque c’était un quartier un petit peu dangereux. Il parle de cette vie qu’il a eu à New York avec un album assez diffèrent, assez audacieux parce qu’il avait l’image de quelqu’un d’extrêmement sauvage. Donc a priori on l’attendait plutôt dans de la musique plutôt métal ou punk. Et là, il prend des guitares acoustiques. Et je l’ai rencontré en 99 et il était vraiment anxieux et il me demandait " mais qu’est-ce que tu penses de cet album ", il me l’a redemandé plusieurs fois et je lui ai rappelé en lui disant c’est bizarre j’avais l’impression que vous étiez anxieux à cette période… Et voici sa réponse :

2016 va vraiment marquer le retour au succès pour Iggy Pop avec son album "Post Pop Depression". Il sort, en 2019, son nouvel album "Free"

Un album totalement diffèrent. Il a travaillé essentiellement avec un trompettiste de jazz Leroy Thomas mais aussi avec une jeune femme qui s’appelle Noveller, en tout cas c’est son nom d'artiste qui joue de la guitare mais d’une manière un petit peu électronique. Ce sont des quasi inconnus qu’il a découvert parce qu’il a une émission sur BBC 6, ou plutôt que de passer des vieux trucs de rock, il a décidé qu’il voulait passer de la musique d’aujourd’hui.

Donc il a commencé à fouiller un peu partout pour découvrir de nouveaux artistes. Tout est parti de l’idée de faire une collaboration avec Lyron James (Il répète ce nom alors que moi sur le Net je vois " Leroy Thomas " et non ce " Lyron James ") sur un album de Lyron James. Puis finalement, il lui a dit : écris-moi un album. Donc c’est ce Lyron James qui lui a écrit cet album, ce qui est assez étonnant d’autant plus qu’il avait dit qu’il ne ferait plus jamais d’album.

 

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