Houblonnées, sèches, amères, fraîches, d'où vient le renouveau des bières belges ?

Houblonnées, sèches, amères, fraîches, d'où vient le renouveau des bières belges ?
Houblonnées, sèches, amères, fraîches, d'où vient le renouveau des bières belges ? - © Tous droits réservés

La bière Belge, c’est toute une histoire ! Connue mondialement au même titre que le chocolat, l’Atomium ou le Manneken-Pis. La bière évolue, s’exporte, se goûte et se partage. Partons à sa découverte.

 

La Belgique est un pays brassicole, pourtant au cours des années le nombre de brasseries a chuté. Au début du 20ème siècle, il y avait plus de 3000 brasseries. En 1986, il en restait 24 actives en Wallonie. Actuellement il y a un phénomène de renouveau. En 2017, il y avait 110 brasseries en Wallonie et cette année il y en a une dizaine qui se sont rajoutées.

Il existe deux sortes de micro-brasseries. La première est tenue par des personnes dont c’est le métier. La seconde est une nouveauté depuis cinq ans, c’est l’émergence de micro-brasseries de passion. Elles sont tenues par des gens qui ont un autre métier, mais qui sont passionnés par la bière. Ils se sont formés au métier de brasseur et vendent leurs produits sur des marchés locaux ou régionaux. 

 

Comment expliquer ce renouveau ?

La première raison vient du consommateur. Il est curieux, il s’informe et recherche de nouveaux goûts. Il veut éviter l’uniformisation du goût. Il est à la recherche d’authenticité, de vérité et d’un retour à l’artisanat.

La seconde explication est l’internationalisation de la création de bières. Pendant des années la Belgique a été le pays de la bière. Les Belges pensaient être les seuls sur terre à savoir et à pouvoir faire de la bière. Mais ce n’est pas le cas. D’autres pays, comme l’Italie, les Etats-Unis ou encore le Québec sont amateurs et créateurs de bières. Ils n’hésitent pas à innover et à être avant-gardiste.

En Italie, il y a un grand renouveau et plus de 600 brasseries fonctionnelles. Il y a un véritable engouement pour les bières. Elles sont complexes et ont des goûts très différents de ceux que l’on rencontre en Belgique. Ils utilisent des produits frais, comme des fruits à la place des sirops. Ou encore de la châtaigne pour donner une saveur particulière. Il y a donc une richesse, un nouveau savoir-faire qui émerge depuis une dizaine d’années à l’étranger. Ils montrent que l’on peut faire autre chose que les bières proposées par l’industrie au goût standard et qu’il est possible d’ouvrir un champ d’expérimentation assez large. Ce qui a permis de donner une nouvelle vision aux brasseurs belges et de redynamiser notre industrie et notre artisanat brassicole.

 

De nouveaux goûts

Le consommateur Belge a découvert ces bières étrangères, car elles sont venues jusqu’à lui. Certains cavistes ont proposé ces bières un peu différentes avec de nouveaux goûts plus modernes. On retrouve actuellement sur notre marché des tendances nord-américaines qui sont plus houblonnées, plus sèches, plus amères, plus désaltérantes et plus fraîches. Il y a des variétés exotiques de houblons et un développement des goûts grâce aux agrumes, aux arômes floraux et aux fruits tropicaux. Cela permet aux amateurs de redécouvrir des bières acidulées, torréfiées ou encore des bières noires.

 

Les accords entre les bières et les mets

La préparation est très importante pour choisir la bière qui accompagne son plat. En fonction du poisson, de la viande, des épices ou des accompagnements on choisira une bière et pas l’autre. Pour une pièce de bœuf que l’on cuisine pour provoquer la réaction de Maillard, on l’accompagne d’une bière ambrée, légèrement caramélisée avec une finale un peu sèche.

Pour un repas léger, on peut associer un poisson gras et mariné avec des bières légères de fermentation spontanée ou pas. Elles ont un profil d’une bière très sèche et acidulée. Elle va venir à la fois rafraîchir, couper dans le gras et assécher le palais. Ce qui va permettre de réinitialiser le palais afin de pouvoir goûter l’entièreté des saveurs. Ou les bières de saisons avec des côtés poivrés, épicés, secs et très désaltérants.

Découvrez-en plus avec Sébastien Albanez, responsable du Barboteur à Schaerbeek, Christophe Gillard de chez Mi-orge mi-houblon magasin spécialisé en bières spéciales localisé à Arlon, Jean-Luc Bodeux, spécialiste du monde brassicole et journaliste au Soir.

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