Histoire du Monde

Histoire du monde
Histoire du monde - © Google

Avec la crise économique, la ruée des investisseurs sur les terres cultivables dans les pays pauvres s'est accélérée. Les conséquences sociales sont parfois lourdes. En Ethiopie, 70.000 villageois viennent d'être déplacés de force.

200 millions d'hectares de terres cultivables ont été achetés dans les pays pauvres sur 10 ans. C'est 8 fois la superficie du Royaume-Uni, trois fois celle de la France. Dernièrement, par exemple, un conglomérat chinois a signé un accord de coopération pour exploiter 30.000 hectares en Sierra Léone. Alors qui sont les acheteurs ?  Ce sont des firmes privées du secteur agro-alimentaire, des organismes de pays inquiets pour leur sécurité alimentaire (la Chine, l'Inde, l'Arabie Saoudite…) mais aussi banques et fonds d'investissements qui font surtout de la spéculation. On sait que les prix des denrées alimentaires ont fortement augmenté, en particulier après 2008 (pour toute une série de raison, dont le développement des agro-carburants).  Mais 80% des terres resteraient cependant inexploitées 2 à 3 ans après leur achat, selon une ONG espagnole. L'idée étant parfois simplement de les revendre en réalisant une plus-value. Les terres arables représenteraient de 1 à 3% des portefeuilles des fonds de pension. Les conséquences ne sont pas que négative : les capitaux étrangers permettent d'obtenir des moyens modernes d'exploiter les terres et fournissent de l'emploi... Mais on peut s'interroger sur l'intérêt d'avoir d'immenses champs de fleurs destinées à l'exportation dans des pays où l'alimentation reste un problème. L'Ethiopie, dont on sait que certaines régions sont régulièrement menacées de famine, loue à des étrangers l'équivalent de la superficie des Pays-Bas. Plus de 800 projets agricoles ont été signé sur ces 5 dernières années. Les autorités en sont fières. Elles affirment que seuls 5% des terres fertiles étaient exploités. Pour cultiver plus, il fallait des financements étrangers, des technologies et des connaissances agronomiques. Mais les conséquences, pour les petits paysans, sont parfois lourdes. 70.000 personnes, selon Human Right Watch, viennent d'être forcées à quitter leurs terres. Il fallait faire de place pour un grand projet. Ces villageois ont été relogés. Mais ils se plaignent ne plus avoir de terres suffisamment fertiles et ils craignent de manquer d'eau. Ils disent avoir été expulsés de force et pas du tout être partis volontairement. L'Afrique est la cible privilégiée des investisseurs. 2/3 des transactions concerne le continent africain. Mais les terres d'Amérique Latine, d'Asie centrale et d'Europe de l'Est sont aussi très convoitées.

Robin Cornet

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK