Histoire du Monde : télévision chinoise en Afrique

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La Chine poursuit sa conquête économique du continent africain et pour étendre son influence, elle a décidé de lancer une chaîne de télé d'info en continu qui devrait être diffusée partout en Afrique d'ici à 2015. Robin Cornet.

Ce n'est pas nouveau : la Chine investi massivement en Afrique. Exploitation des ressources naturelles, construction de grandes infrastructures… Les chinois sont devenus les premiers partenaires de nombreux pays africains. Symbole de cette nouvelle « Chinafrique » : le siège flambant neuf de l'Union Africaine qui vient d'être inauguré à Addis Ababa en Ethiopie. 30 étages de verre et d'aciers et une allure futuriste de soucoupe volante.

Chantier bouclé en à peine trois ans. Facture : 200 millions de dollars. Cadeau des autorités chinoises ! La Chine a même été jusqu'à offrir le mobilier et un chèque pour la maintenance dans les prochaines années.

C'est le magazine Jeune Afrique qui raconte tout cela et qui révèle les "ambitions médiatiques" de la Chine en Afrique. Pékin veut étendre sont influence par télé. Objectif: installer une chaîne d'infos en continu, à l'échelle du continent, d'ici seulement 3-4 ans. CCTV Africa existe déjà. Ses émissions, pour l'instant, se limitent à 1h de programmes par jour. Trente minute de JT, un magazine business, et un journal des sports. Le tout en anglais. Le weekend, des talkshows, interview et autre reportages. Tout produit en Afrique.

Il faut savoir que CCTV, l'opérateur public chinois, a mis en place des chaînes d'infos dans différentes langues, dont le français, mais ces programmes, diffusé sur internet, sont assez limités et produits en Chine. Nairobi est le premier siège hors du pays. CCTV Africa est en train de développer un réseau de correspondants et a ouvert des bureaux à Dakar, Lagos et Accra. A terme elle en aura 14 du Maghreb à l'Afrique australe.

CCTV Africa paraît déjà très pro à l'image. Jeune Afrique ose même une comparaison avec BBC World et Al Jazeera English. Pour autant, ses interviews ne sont pas (je cite) «des plus impertinentes» et le langage est mesuré. Un journaliste confie qu'il y a "une liste de mots à éviter". Ne pas parler de "régime", par exemple, mais bien de "gouvernement". Il y a aussi des sujets dont il vaut mieux ne pas parler... et une incitation à la pratique du «reportage positif», caractéristique des chaînes chinoises.

Pékin investi plusieurs milliards d'euros dans le développement de ses médias internationaux. Notamment dans l'agence de presse Xinhua qui dispose, en Afrique, de plus de 150 correspondants. Elle a un gros avantage, comparée à l'AFP ou à Reuters : elle met ses dépêches à la disposition des rédactions africaines… gratuitement.

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