Histoire du monde : présidentielles au Cameroun

Paul Biya
Paul Biya - © Belga

Élections présidentielles, hier au Cameroun. Les résultats ne seront connus que dans plusieurs jours. Mais la réélection du président Paul Biya ne fait aucun doute. Il est au pouvoir depuis 29 ans. Robin Cornet.

C'est une élection à un tour. Paul Biya faisait face à 22 candidats. Une opposition très divisée. La participation semble le seul enjeu. Et les autorités n'ont pas donné d'estimation. A 78 ans et grâce à un changement de la constitution, Paul Biya s'apprête donc à entamer un 6e mandat de 7 ans. Il se dit qu'il abandonnera le pouvoir à mi-mandat au profit d'un successeur qu'il aura désigné. Mais il entend d'abord peaufiner son héritage politique. Ambitionnant de hisser son pays au niveau du Mexique ou de la Malaisie, Paul Biya a mené une politique de grands travaux d'infrastructure. Un développement et une relative stabilité, au prix d'un autoritarisme certain.

Épisode le plus dramatique : en 2008 une centaine de manifestants avaient été tués par les forces de sécurité. Ils s'opposaient à la suppression de la limitation des mandats présidentiels. "Ces dernières années, le gouvernement a continué de restreindre les activités des opposants", affirme Amnesty dans son rapport 2011. L'organisation accuse le régime de museler la liberté d'expression. Pourtant, il existe près de 300 partis d'opposition et plusieurs centaines de journaux souvent critiques envers le chef de l'état. Mais le paysage est tellement morcelé que ces voix sont peu audibles. Des opposants ont néanmoins fini derrière les barreaux. De même que des journalistes, ayant mené des enquêtes trop sensibles. Arrêté en mars dernier, un rédac'chef du Cameroun Express est même mort en détention.

L'organisation du scrutin présidentiel a été marquée par une certaine pagaille. Notamment dans la distribution des cartes d'électeurs. Certains n'ont pas réussi à obtenir leur carte, d'autres en ont trouvé des piles à la portée de tous, dans des bureaux locaux. Un étudiant de Douala, a expliqué à France24, qu'il s'était vu proposer une deuxième carte d'électeur et une somme de 16 euros en échange de la promesse qu'il votait pour Paul Biya. Il avait besoin d'argent, il a accepté. Il pense dans les bureaux de vote, des indicateurs ont discrètement vérifié les votes. Autre témoignage, un employé communal affirme qu'on lui a demandé de recruter 200 électeurs dans un village. Il dit avoir été licencié parce qu'il aurait refusé. Les responsables camerounais dénoncent de purs mensonges.

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