Histoire du Monde : Occupy Lomé

Occupy Lomé
Occupy Lomé - © Google

La mobilisation ne faiblit pas au Togo contre le président Faure Gnassingbé. Ces deux derniers jours, de grandes manifestations ont rassemblé des milliers de personnes dans la capitale, Lomé. L'opposition togolaise dénonce depuis des mois la modification du code électoral alors que les nouvelles élections législatives approchent dans le pays. Une Histoire du Monde racontée par Nicolas Lejman.

Il y avait encore plusieurs milliers de personnes hier dans le centre de Lomé, la capitale du Togo. Les manifestants s’étaient rassemblés pour exprimer leur rejet du gouvernement en place. Manifestation violemment réprimée par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser la foule.

Cela fait cinq mois maintenant que le collectif " Sauvons le Togo ", qui réunit des partis politiques et des organisations de la société civile, est en guerre contre les autorités. L’opposition togolaise soupçonne le président Faure Gnassingbé d’avoir fait adopter un nouveau code électoral pour assurer la victoire de son propre camp lors des élections législatives en octobre prochain.

L’objectif des manifestants est donc de faire supprimer cette modification du code électoral - certains partis exigent d’ailleurs que le scrutin soit reporté le temps que des réformes soient mises en places - mais les contestataires demandent également que soient enfin appliquées les recommandations de la Commission Nationale des Droits de l’Homme sur la torture dans le pays.

L'Union Européenne est au passage accusée de complaisance avec le régime de Faure Gnassingbé. Dans le cadre des accords de Cotonou, l'Union finance en partie le processus électoral depuis plusieurs années déjà. Des missions d'observation avaient mêmes été déployées lors des élections de 2007 et 2010 mais les remarques qui avaient alors été formulées tarderaient dans leur mise en application.

Selon le collectif "Sauvons le Togo", plusieurs dizaines de personnes auraient été blessées dans les affrontements avec la police ces deux derniers jours, et de nombreux opposants auraient été interpellés. Un troisième jour de manifestation était programmé aujourd'hui, toujours dans la capitale Lomé, mais face à cette répression féroce les organisateurs ont préféré renoncé hier soir.

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