Histoire du Monde : les sans-papiers en prison aux USA

Prisons
Prisons - © Google

Simon Bourgeois a pointé une information originale dans la presse internationale.

Et notre Histoire du Monde nous emmène aux États-Unis ce matin... Là-bas, une loi fédérale impose aux prisons de détenir au total au moins 34.000 sans-papiers. Les prisons privées profitent bien de ces quotas. L'emprisonnement de ces personnes est devenu un juteux business.

Depuis l'arrivée de Barack Obama au pouvoir, presque 2 millions de clandestins ont été expulsés ou emprisonnés. C'est plus que sous les mandats de Georges Bush !

Parmi ces sans-papier, des dizaines de milliers sont derrière les barreaux alors qu'ils n'ont commis aucun délit ! Les statistiques sont impressionnantes et elles ont au moins une explication : aux États-Unis, la loi impose aux prisons des quotas d'immigrés ! Il faut remplir les cellules ! Et les clandestins sont devenus un véritable business pour les prisons privées. Elles touchent en moyenne 120 dollars par jour et par prisonnier de la part de l’État... Un puissant lobby pèse donc de tout son poids pour maintenir ces quotas !

Certaines prisons privées vont même plus loin et imposent au pouvoir publique des taux d'occupation garantis. Parfois, c'est 100%. Si les prisons ne sont pas pleines, l’État doit payer des indemnités ! Il faut donc les garder bien remplies coûte que coûte.

Deux gros groupes se partagent l'essentiel des bénéfices de l'emprisonnement des sans-papier. Environ un milliard et demi d'euros par an. Les clandestins sont devenus la principale source de revenus de ces prisons privées. Mais il n'y a pas qu'eux qui en profitent. Pour beaucoup d'hommes politiques, les prisons remplies sont une aubaine ! Au plus, elles tournent à plein régime au plus ça crée de l'emploi. Et dans les États pauvres, un chômage faible est un puissant stimulant électoral.

Certains sont donc très attentifs au strict respect des quotas. Il y a quelques mois, un député du Texas a rappelé à l'ordre l'Administration de l'immigration. Le nombre de sans-papier derrière les barreaux était tombé à 30.000 alors que la lois en impose 4.000 de plus. A Washington certaines voix s'élèvent quand même et dénoncent cette loi. Ils soulignent que ces quotas ont un côté arbitraire et menaient trop souvent des clandestins en prison alors qu'ils n'ont rien fait et qu'ils ont de la famille au États-Unis. Sans ça, ils pourraient donc obtenir des papiers.

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