Histoire du Monde : la Gambie ne veut plus parler anglais

Président Gambien
Président Gambien - © Google

L'Histoire du Monde, c'est une info originale publiée dans la presse internationale mais qui ne fait pas nécessairement la Une des journaux.

Et notre HDM nous emmène en Gambie ce matin. Le pays tourne le dos à son passé. Ancienne colonie britannique, sa langue officielle est l'anglais. Le président gambien veut l'abandonner pour une langue locale. Seulement voilà : derrière ces apparentes revanche sur l'Histoire se cachent des ambitions bien plus personnelles.

Ce n'est pas la première fois que le président gambien s'en prend aux anciens colons britanniques. "Ils sont venus chez nous pour piller le pays" dit-il. Il y a 6 mois déjà, la Gambie avait quitté le Commonwealth. Aujourd'hui, elle veut donc abandonner l'anglais au profit d'une langue locale. "Pour exister, nous ne pouvons plus parler une langue étrangère", insiste-t-il.

Seulement voilà, le président est un drôle de personnage, habitué aux sorties médiatiques fracassantes sans lendemain. Ce n'est pas non plus un sain : exécutions d'opposants, presse muselée, pas très progressiste non plus. Avec les homosexuels notamment. Il invite à les "tuer comme des chiens". Il assure aussi être un guérisseur et pouvoir soigner le SIDA par exemple.

Pour beaucoup, en Gambie, cette déclaration de guerre soudaine contre l'anglais est donc plus une campagne médiatique pour faire sa pub qu'une réelle volonté de réparer l'humiliation de la colonisation.

Oui d'autant que cette annonce du marabout-président - comme le surnomment les gambiens - n'a pas l'air très préparé. Et ressemble plus à un coup d'éclat populiste. Il ne donne aucune date pour la fin de l'anglais en Gambie et surtout, il ne dit pas quel dialecte devrait le remplacer. Or, il existe plusieurs langues locales dans le pays. Et puis, certains gambiens soulignent avec ironie que pour annoncer en grande pompe la mort de l'anglais, le président s'est exprimé... en anglais.

Cela dit, même si ici l'annonce semble un peu fantasque, la question du rôle des langues locales dans le développement des pays africains a quand même le mérite d'être posée.

C'est ce que disent certains éditorialistes. L'Afrique devra un jour résoudre cette question de la langue nationale. Pour certains journaux : avoir une langue officielle locale est un atout incontournable pour le développement et ils prennent en exemple les grands pays européens qui ont chacun leur propre idiome.

Peut-être que les belges devraient en tirer certaines conclusions, nous qui avons trois langues nationales mais aucune qui nous soit propre.

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