Histoire du Monde : injustice au Kenya

kenya
kenya - © google

Au Kenya, un procès s'est ouvert la semaine dernière. Une tribu de quelques milliers de personnes se plaint de violence de la part de la police. Elle aurait, en fait, été chassée de ses terres, après que le domaine ait été racheté par deux ONG américaines de défense de la nature. Robin Cornet.

C'est une région luxuriante, près du Mont Kenya. Un territoire qui abrite une grande variété d'animaux, comme certaines espères rares de zèbres ou de rhinocéros. C'est aussi le territoire traditionnel de la tribu Samburu. Le district de Laikipia attire des touristes qui viennent y faire des safaris. Le Kenya est bien conscient de l'importance de préserver la nature pour continuer à développer le secteur touristique (importante source de revenus). Mais le Kenya a aussi une longue histoire d'accaparement des terres par hauts responsables, explique le Guardian. A l'époque du président Daniel Arap Moi (24 ans à la tête du pays, et 11 ans comme vice-président), quantité de ressources naturelles ont été pillées. La terre des Samburu appartenait officiellement à l'ancien président. Jusqu'à ce que deux ONG américaines l'achètent pour 2 millions de dollars. Leur objectif est de créer, là-bas, un parc naturel. Un parc dont la gestion a été confié aux pouvoirs publics kenyans. Peu de temps après cette transaction, les Samburu aurait été brutalement chassé de cette terre, subissant intimidations puis véritables violence de la part de la police. C'est ce que dénonce l'organisation britannique Survival International. Les membres de la tribu, auraient été forcés de quitter leurs villages, après de cases aient été brulés, du bétail saisi. Les Samburu affirment aussi que des femmes ont été violées et qu'un ancien a été tué. Il y a eu une stratégie continue pour créer la peur et pousser les Samburu à fuir, dénonce Survival. L'organisation de défense des peuples indigènes, affirme qu'aujourd'hui 2.000 familles Samburu vivent à la lisière du territoire dans des camps de fortune. Un millier d'autres ont trouvé refuge ailleurs. Ces gens ont généralement tout perdu, c'est une situation humanitaire critique, dit encore Survival. Les Samburu ont saisi la justice pour se plaindre des violences et faire valoir leur droit sur les terres face aux ONG américaines et à l'ancien président Moi. En attendant de statuer sur l'affaire, le tribunal a gelé le projet. Contactées par le Guardian, les deux organisations de défense de la nature disent ne pas pouvoir faire de commentaire sur une affaire judiciaire en cours, mais elles assurent qu'elles collaborent toujours étroitement avec les communautés locales.  

Newsletter La Première

Recevez chaque vendredi matin un condensé d'info, de culture et d'impertinence.

OK