Histoire du Monde: homosexualité au Cameroun

Homosexualité au Cameroun
Homosexualité au Cameroun - © Google

Simon Bourgeois a pointé une information dans la presse internationale qui ne fait pas nécessairement la Une des journaux.

Direction l'Afrique pour notre Histoire du Monde ce matin. Au Cameroun, un homosexuel a été emprisonné pour son goût pour les hommes. Il est mort il y a 10 jours dans des circonstances pas très claires. Sa mort, c'est l'histoire de l'homophobie et de la pauvreté au Cameroun.

Tout commence avec un SMS : "Je suis très amoureux de toi". Seulement voilà, le message de Roger est adressé à un autre homme. Au Cameroun, l'homosexualité est un crime et même de la sorcellerie pour beaucoup de monde. Le jeune homme est emprisonné. Il passe un an derrière les barreaux, condamné pour son orientation sexuelle. Il devient un symbole de la lutte contre l'homophobie en Afrique. Des organisations internationales et ses avocats se mobilisent. Il y a un an, il est finalement libéré mais ne comprend toujours pas ce qu'on lui reproche

A sa sortie de prison, rien ne sera plus comme avant. Son histoire fait le tour des médias. Il est reconnu en rue et agressé plusieurs fois. Persécuté à l'université, il doit arrêter ses études de théologie. Alors, il fuit la capitale, Yaoundé, et retourne dans dans sa petite ville natale auprès de sa famille. Mais là aussi, l'accueil est glacial. Presque tous ses proches l'insultent et le rejettent. Ses voisins et sa famille trouvent qu'il n'aurait pas du sortir si vite, il aurait du purger toute sa peine pour se faire pardonner de ses fautes.

En prison, Roger a été battu et est tombé fort malade. Il n'a pas été soigné et la maladie le poursuit après sa libération. Il est hospitalisé mais il ne peut pas payer les soins. Il faut dire qu'il vient d'une famille modeste qui ne peut pas ou ne veut pas l'aider. Du coup, il est renvoyé de l'hôpital. Il s'éteint à petit feu, tapis dans une chambre, chez lui, en cachette. Sa famille, honteuse, fait croire à tout l'entourage que le fils homosexuel est parti en Europe.

Il meurt finalement au début de l'année. Ses avocats sont persuadés que s'il n'avait pas été gay, il serait toujours en vie, sa famille l'a laissé mourir. Une dizaine d'homos sont en prison pour le moment au Cameroun. Roger était le seul a avoir accepté de médiatiser son cas pour s'en sortir. Ça n'aura pas suffit.

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