Histoire du Monde : exécutions en Gambie

Yaya Jammeh
Yaya Jammeh - © Google

On va prendre la direction de la Gambie ce matin, un petit État d’Afrique de l’Ouest en partie enclavé dans le Sénégal. Là-bas on craint le pire pour le sort de neuf condamnés à mort : Amnesty International assure qu’ils ont été exécutés la semaine passée. Le président gambien, Yaya Jammeh, est depuis longtemps dans le collimateur des défenseurs des droits de l’homme. Nicolas Lejman nous raconte cette histoire du monde.

Yaya Jammeh avait provoqué de vives réactions lundi dernier en déclarant que les 47 condamnés à mort du pays seraient tous exécutés " vers la mi-septembre ". Depuis ce weekend, c’est à une pluie de critiques qu’il doit faire face : Amnesty International affirme que neuf détenus ont déjà été exécutés dans la nuit de jeudi à vendredi. Parmi eux se trouveraient au moins une femme et deux Sénégalais.

L’organisation dit avoir des " sources fiables " mais la version officielle ne le confirme pas. Devant un représentant de l’Union Africaine dépêché à Banjul, le président Jammeh dit avoir simplement voulu faire peur aux criminels et il rappelle aussi que toutes les personnes dans le couloir de la mort ont été condamnées par des tribunaux compétents.

Ce n’est pas la première fois que Yaya Jammeh fait parler de lui. Depuis le coup d’Etat de 1994, le président gambien a brillé par son autoritarisme et sa politique répressive envers les défenseurs des droits de l’homme. Détentions arbitraires, torture, enlèvements et assassinats, les accusations contre son régime sont édifiantes. Il est d’ailleurs toujours considéré comme un " prédateur de l’information " par Reporters Sans Frontières.

Le régime a toujours entretenu un flou autour des éxecutions. Selon Amnesty, la dernière en date remonterait à 1985 et jusqu'il y a peu, la Gambie était considérée comme un pays abolitionniste même si plusieurs condamnations à la peine capitale ont été prononcées ces deux dernières années.

Son principal opposant politique ne confirme pas non plus ces exécutions mais Ousainou Darboe appelle la communauté internationale à prendre enfin des sanctions. L'Union Européenne a officielement demandé à Yaya Jammeh de mettre fin à cette série d'exécutions. Le président gambien lui ne se préoccupe pas des critiques et met plutôt en avant son bilan économique : le taux de croissance dépassait 5% l’année passée, une économie principalement portée par le tourisme occidental.

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