Histoire du Monde : éducation au Libéria

Université Libéria
Université Libéria - © Google

Robin Cornet a repéré dans l'actualité internationale une info qui ne fait pas la Une des journaux.

L'Histoire du Monde nous emmène au Libéria. Petit pays pauvre d’Afrique de l’Ouest qui se pose de sérieuses questions sur son système éducatif. Tous les étudiants qui voulaient rejoindre la principale université du pays ont échoué au test d’admission.

Tous, sans exception ! 25.000 étudiants. C’est une nouvelle douloureuse dans un pays qui, depuis dix ans, essaie de se reconstruire, après 15 ans de guerres civiles qui ont ravagé le pays et fait plusieurs centaine de milliers de victimes. Il y a des images qui restent gravées dans les mémoires. Quand on parle du Libéria, ce sont celles des enfants soldats qui ressurgissent. On dit qu’à la fin de la guerre, ils étaient au moins 20.000. Des adolescents qu’il a fallu réinsérer dans la société.
 
Après la sécurité et l’économie, l’éducation a fait figure de priorité pour la reconstruction du pays. Pour favoriser la scolarisation, Ellen Johnson Sirleaf, première femme élue présidente en Afrique et prix Nobel de la paix, a supprimé la plupart des frais scolaires. A l’époque, seuls un quart des élèves atteignaient le niveau secondaire. Mais la mesure a porté ses fruits.
 
Installée à dans la capitale Monrovia depuis plus de 150 ans, l’université du Libéria est la plus ancienne école supérieure d’Afrique. Elle a subi les affres de la guerre mais, restaurée, elle forme aujourd’hui 90% des étudiants qui veulent poursuivre après le secondaire. Mais cet été, "aucun étudiant ne sera admis en première année", à la rentrée. C'est ce qu'a fait savoir, dans un premier temps, l’université. Ils avaient payé 25 dollars pour s’inscrire. "Ils voient leurs rêves se briser" a déploré, incrédule, la ministre de l’Enseignement pour qui la situation est comparable à un "meurtre de masse".
 
Une hécatombe inédite qui s’explique par l’instauration de critères d’admission plus stricts. Il fallait ainsi obtenir au test 70% en anglais (qui est la langue nationale). Sous pression, l’université a fini par revoir à la baisse les critères. En anglais, le seuil a été ramené à 50%. Au final, 1.626 élèves vont tout de même pouvoir entrer en première année, mais ils on dû s’engager à suivre des cours de remise à niveau.
 
Le problème est en amont. Manque d’espaces, mauvaise formation des enseignants, faible enthousiasme des étudiants et traumatismes divers sont pointés du doigt. La pauvreté pousse par ailleurs beaucoup de familles à envoyer leurs enfants travailler plutôt qu'étudier. La présidente Ellen Johnson, qui s’est rendue dans l’université de Monrovia, a reconnu les lacunes du système scolaire et a déclaré l’éducation "urgence nationale". 

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